Chassériau et l’Orient

 Théodore Chassériau est un peintre français né en 1819 à Saint-Domingue et mort en 1856. C’est un représentant du courant romantique mais aussi une grande figure de l’Orientalisme. Afin d’étudier son apport à ce mouvement pictural nous nous aiderons de trois ressources. Un article provenant du site internet du Grand Palais, une notice d’œuvre du musée d’Orsay un article issue d’un dictionnaire sur l’Orientalisme.

Les ressources utilisées pour cet article proviennent toutes de sites fiables et approuvés, en effet les différents sites de musées nationaux nous fournissent des informations vérifiées et des textes rédigés par des historiens ou historiens de l’art. Le dictionnaire des orientalistes de langue française est un ouvrage publié en 2008 chez Karthala, par une recherche Google on accède à un site dérivé du livre. On peut alors y voir la liste des différents auteurs et collaborateurs. François Pouillon, le directeur, est un professeur et chercheur à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales EHESS, c’est donc ici encore un ouvrage que l’on peut qualifier de fiable et découlant de recherches universitaires approfondies.

Tout d’abord penchons-nous sur l’article issu du dictionnaire numérisé sur GoogleBook, Dictionnaire des orientalistes de langue française publié par François Pouillon en 2008. C’est un ouvrage général traitant pleinement de notre sujet. L’article consacré à Chassériau nous explique que l’orient fait pleinement partie de la vie et du parcours du peintre. Il va voyager très tôt en 1846 en Algérie comme l’avait fait Delacroix au Maroc. Il en ramènera des carnets de croquis qui lui permettront de représenter un orient réel mais embellit par le traitement pictural. Il traitera aussi toute sa vie des thèmes bibliques, mythologiques et religieux dans lesquels il insufflera un air orientalisant par les motifs, les couleurs mais aussi les visages. Chassériau est considéré comme un excellent portraitiste.

Le site du grand palais nous fourni aussi un document sur Chassériau suite à la rétrospective qui lui a été consacrée en 2002. Contrairement à d’autres peintres de la mouvance orientaliste Chassériau délaisse la part fictive pour s’attacher d’avantage à une réalité. « L’Orient de sa peinture et de ses dessins n’est pas seulement fantaisie et évasion. A côté de rares scènes de harem, il peint la guerre moderne mais comme à distance, images de spahis et chocs de cavaliers arabes ». L’article le compare alors à Gauguin car il recherche toute sa vie à montrer l’origine de ce monde conquis par le colonialisme et le sentiment de perte identitaire qui en découle.

Dans son tableau Tepidarium, « salle où les femmes de Pompéi venaient se reposer et se sécher en sortant du bain » peint en 1853, Chassériau nous montre une scène purement antique, on y retrouve des figures rappelant les statues grecques. L’article nous parle d’une « Pompéi multiraciale » car pour les différents peintres ayant séjourné en Orient ils y retrouvent une nouvelle antiquité. L’orient est beau et pure comme l’était la Grèce et la Rome antique. C’est donc dans cet esprit que Chassériau peint ce tableau huit ans après son voyage en Algérie.

Afin d’approfondir notre sujet nous pouvons nous pencher sur une étude de tableau. Sur le site internet du musée d’Orsay on trouve des études détaillées. Ici, le tableau intitulé Chefs de tribus arabes se défiant au combat singulier, sous les remparts d’une ville, la notice est rédigée anonymement mais c’est une ressource officielle et donc fiable.

Le site nous le présente comme le pendant « masculin » du Tepidarium vu précédemment. Les visions idéales de harem, de femmes orientales d’une beauté nouvelle contrastent avec ces hommes virils combattants à cheval. Ce sont des visions stéréotypées par d’autres artistes mais empreintes ici de vérité. On y ressent une haine et une violence qui rappelle le contexte guerrier de l’époque coloniale, la fureur d’un peuple.

 

« Au premier plan, deux chevaliers s’affrontent dans un duel à mort, tandis qu’à terre git un corps, un poignard ensanglanté encore planté dans son torse. Dans le fond les combats se poursuivent et les cadavres s’amoncellent. »

Ce tableau est d’abord exposé en 1852 où il reçoit une critique difficile, puis en 1855 il est exposé de nouveau et la critique change radicalement d’avis, l’article nous cite la réaction de Théophile Gautier qui avait traité ce tableau l' »ébauche plutôt que d’un tableau », estime cette fois que la composition prise « au cœur même des mœurs arabes, joint à un très-beau style la plus exacte couleur locale ».

Pour conclure nous pouvons donc dire que Chassériau peint l’Orient d’une façon originale car pleine de vérité, il sublime l’orient par les couleurs mais renvoi une image moins stéréotypée que d’autres artistes de l’époque. On pourrait notamment faire un parallèle avec l’œuvre de Delacroix qui évolue nettement après son voyage en Orient, Les femmes d’Alger dans leur appartement n’ont plus l’aspect dramatique et grandiose que l’on trouvait dans La mort de Sardanapale. C’est donc probablement le voyage en Orient qui forge les artistes et leur donne une vision réelle de ce monde conquis.

Adélaïde Chabannes

Dictionnaire des Orientalistes de langue française: http://bit.ly/1p7AhXF

Chefs de tribus arabes se défiant au combat singulier, sous les remparts d’une ville: bit.ly/1QyFSA8

Exposition Chassériau au Grand Palais: bit.ly/21RbpRK

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