Les médiums en Orientalisme

L’orientalisme, est un courant d’idées européennes, porté sur l’Orient. Comme nous l’avons vu dans d’autres articles du blog, l’orientalisme est très présent en peinture, chez de nombreux artistes européens. Mais il faut savoir que la peinture n’est pas le seul moyen d’expression pour ce courant. C’est un courant où se rejoignent tous les arts, les sciences et la politique. L’Orientalisme est également présent en architecture, en musique, en littérature (Article Edward Saïd, l’Orient crée par l’Occident), en photographie, mais influence également la mode vestimentaire et mobilière, il est même présent dans le cinéma ! C’est ce que nous allons voir à présent dans notre article.

Nous allons nous appuyer sur de nombreux articles numériques variés ainsi que sur des livres . Nous avons choisis un dossier pédagogique réalisé par le musée d’art et d’histoire du judaïsme sur Les Juifs dans l’Orientalisme (exposition qui étudie la question du juif représenté en Orient), qui se déroulait en 2012. Site intéressant car assez général sur l’ensemble de notre courant et qui parle de différents médiums. Deux livres (publiés dans leur intégralité) provenant du site GoogleBooks, un service en ligne fourni par Google, que nous avons trouvé par hasard en faisant des recherches générales sur les médiums artistiques. C’est à la fois un outil de recherche intra-texte, de consultation de livres en ligne ou sur appareil mobile, de constitution de collections personnelles, et de téléchargement d’ouvrages libres de droits. Mais aussi une librairie en ligne via la boutique GooglePlay. Il s’agit aujourd’hui du plus grand corpus textuel au monde. Nos deux articles porte sur un livre de Eduardo Dizy Caso, Les orientalistes de l’école espagnole, et Après l’orientalisme. L’Orient créé par l’Orient par François Pouillon et Jean-Claude Vatin, deux livres qui abordent la mode vestimentaire et le mobilier dans l’orientalisme. Un article intéressant sur l’Orientalisme en photographie provenant du site Les clés du Moyen-Orient, site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient qui semble fiable au vu de ses nombreuses ressources bibliographiques et des auteurs qualifiés (description pour chaque auteurs appartenant au site). Un autre article traitant de l’architecture orientale sur le site INHA (institut national d’histoire de l’art dont le site institutionnel regroupe des collections électroniques, actes de colloques et livres en ligne). Pour terminer nous mettrons en bas de l’article un lien permettant d’écouter de nombreuses musiques orientalistes, provenant du site France Musique.

Photographie

Avec l’invention de la photographie, de nombreux photographes, amateurs ou professionnels, voyagent en Orient massivement à partir des années 1850, et véhiculent une vision semblable à celle des peintres européens, afin de capter dans leur objectif les visions véhiculées par les peintres. La photographie orientaliste se distingue de la peinture orientaliste, car sa technique se doit d’enregistrer une nouvelle réalité, un morceau de réel de cet Orient qui fut longtemps fantasmé. La présence des photographes occidentaux en Orient s’intensifie, grâce à l’amélioration des procédés photographiques, qui deviennent plus rapides et moins encombrants à transporter. Parmi ces photographes, certains s’installent là-bas et y ouvrent des studios, afin d’exploiter jusqu’à la fin du XIXe siècle le succès commercial de l’Orientalisme. Ils photographient des scènes de genre, paysages ou encore des mises en scènes dîtes « pittoresques », sujets qui répondent parfaitement aux attentes du public occidental, mais qui ne répondent pas toutes à la réalité des choses vues et vécues dans cet Orient envahis…

Il ne faut pas oublier que les premières oeuvres photographiques se sont inscrites pendant plusieurs décennies dans le sillage de la peinture. On voit donc d’abord apparaître la photographie orientaliste à tendance romantique. Ce genre de photographies représentent souvent l’opposition de l’homme face à une nature immense et sublime, souvent en lien avec un certain goût pour les ruines, considérées comme les vestiges d’un passé regretté. Les premières photographies sont donc rarement remplies de présences humaines, afin de mettre en valeur la dimension achronique des sites orientaux.

Les œuvres de Bonfils (le studio photographique le plus prolifique du Moyen-Orient lui appartenait : « Photographie de Bonfils – Curiosités de tout l’Orient. »), dans les années 1870 présentent de simples vues du temple de Baalbek (Liban) ou des Pyramides de Gizeh (Egypte) :

Caire, Pyramides de GizehFélix BONFILS, Pyramides de Gizeh – Égypte, 1860-1885

Plus tard cette photographie devient véritablement orientaliste dans le sens d’exotisme qui s’inspire d’images des contes des Milles et Une Nuits, et qui s’éloignent des scènes de vie quotidienne. Beaucoup de photographes veulent faire des œuvres pittoresques, seulement nous nous rendons vite compte de la fausseté de certains clichés qui ne sont pas pris sur le vif comme les peintres semblent l’affirmer…

La photographie en studio utilise les accessoires orientaux : tapis, tentures, éventails, narguilés, sofas, armes. Nous pouvons le voir avec le photographe Pascal Sebah, et ses décors  exotiques mais artificiels, présentant des personnes en costumes traditionnels d’Orient :

Pascal Sebah - Public Scribe, ca 1870Pascal SEBAH, Public Scribe, v.1870

D’autres artistes comme Roger Fenton (photographe officiel de la Reine Victoria) possèdent un studio à Londres et photographient des bourgeois européens en costumes orientaux. L’orientalisme en photographie se veut être la reconstitution de l’Orient à travers les vêtements, les décors, l’architecture, c’est un véritable théâtre occidental mis en place au service de la photographie :

f8d9ee01-945b-4218-80b6-25948b092fd8Rogen FENTON, Pasha et Bédouin, Louvre Abu Dhabi

« La dualité qui va jusqu’à contaminer nos meubles et nos vêtements, le conflit entre le sofa-turc et le canapé européen, la veste traditionnelle et la chemise européenne, proviennent de notre malaise à choisir entre l’Orient islamique et l’Occident chrétien » L’Orient créé par l’Orient, François Pouillon et Jean-Claude Vatin.

505c9025eadd2d01c0ff0c125fb14aebOrient et Occident ne font plus qu’un à travers les représentations d’hommes en costumes traditionnels, meubles typiques et architectures orientales

Architecture

Au départ, les voyageurs venus en Orient, ne s’intéressent pas à l’architecture orientale. Lorsque des gravures de ces architectures complètent les ouvrages, elles offrent seulement des vues de villes générales ou d’édifices déformés, vues qui ne permettent pas aux Occidentaux de se faire une idée précise des monuments de là-bas. A partir du XVIIIe siècle, les descriptions et les représentations d’édifices orientaux se multiplient, en particulier mosquées et palais se trouvant à Constantinople et Ispahan, principales destinations des Occidentaux en Orient. Son connus aussi l’Alhambra de Grenade et la mosquée de Cordoue, les pavillons de la Zisa et de la Cuba à Palerme, et également l’architecture civile algérienne et l’architecture funéraire moghole:

Illustration Cornelius Le BRUYN, Voyage par la Moscovie, en Perse et aux Indes orientales, 1718, pl. 75-76: illustration de la ville Ispahan, place royale

IllustrationJean-Baptiste SEROUX D’AGINCOURT, Histoire de l’art par les monuments, 1801-1825, pl. 44 : État de l’architecture arabe en Europe depuis le VIIIe siècle jusqu’au XVe siècle.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les expéditions entraînent au fur et à mesure des architectes et des savants dans l’ensemble des pays musulmans. La connaissance de l’architecture orientale devient générale, bien que peu précise. Cela concerne essentiellement les Français et les Anglais, les deux puissances coloniales, dont les missions scientifiques participent à leur lutte d’influence réciproque En France, le Salon est le lieu dans lequel sont exposées les représentations d’architecture d’Orient par les peintres orientalistes, des modèles d’architectures orientaux apparaissent en Occident.

Les architectes s’inspirent de motifs célèbres de l’architecture mauresque : la mosquée de Cordoue et l’Alhambra. On retrouve des motifs distinctifs de cette architecture orientale : coupoles à nervures, minarets, assises de pierres alternées, décors de mosaïques de pierre etc. L’omniprésence de l’Alhambra et de la mosquée de Cordoue dans l’orientalisme est un phénomène purement européen.

L'Alhambra - GranadaL’Alhambra, Grenade, Espagne

Cinéma et Musique

Le cinéma apparaît comme le successeur de l’orientalisme au XXe siècle. En effet, les studios réalisent des reconstitutions gigantesques et grandioses qui prennent pour thème l’Orient rêvé par les Occidentaux. Nous pouvons parler ici du film Naissance d’une nation de 1915, de David W. Griffith, Cléopâtre de Cecil B. DeMille, datant de 1934. Les Dix Commandements, une fois de plus de Cecil B. DeMille en 1923, Lawrence d’Arabie de David Lean, 1962. Ben-Hur de William Wyler, réalisé en 1959, Salomé de J. Gordon Edwards, en 1918, et bien d’autres encore… Pour analyser plus en profondeur ce genre de films, nous mettons à votre dispositions des liens vers d’autres blogs qui traitent du cinéma et des Peplums en tout genre (Ben-Hur, Gladiateur etc.).

https://cinemaetmusique70.wordpress.com/

https://peplumblog.wordpress.com/

L’Orientalisme est également présent en musique, pour cela nous vous laissons prendre plaisir à écouter une émission radio de France Musique : L’Orientalisme dans la musique française. Debussy, la Grèce antique et l’extrême-Orient.

http://www.francemusique.fr/emission/notes-du-traducteur/2014-2016/l-orientalisme-dans-la-musique-francaise-debussy-la-grece-antique-et-l-extreme-orient-01

M.G

Bibliographie :

Lorraine Decléty, « Pratique et connaissance : les chemins divergents de l’orientalisme scientifique et de l’orientalisme artistique en France et en Allemagne », in Nabila Oulebsir et Mercedes Volait (dir.), L’Orientalisme architectural entre imaginaires et savoirs, Paris, Picard (« Collection D’une rive l’autre »), 2009, [En ligne], mis en ligne le 25 mars 2014, consulté le 27 mars 2016. URL : http://inha.revues.org/4920

http://www.mahj.org/documents/Juifs-dans-l-orientalisme-dossier-pedagogique.pdf

[Consulté le 27/03/16]

http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-orientalisme-en-photographie.html

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=xnAJGlUJbyEC&pg=PA268&lpg=PA268&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=xYRfD6JT0i&sig=PeQw7S5W58foozmn6u6zzkXDWbY&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=gzEYBgAAQBAJ&pg=PA305&lpg=PA305&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=lpRVEZt47z&sig=nmFDDafDmki17vhYI9MDzw0Um2I&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]

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Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix

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« Les petits secrets des grands tableaux » est une émission diffusée sur Arte et qui traite des tableaux les plus reconnus. Arte est une chaîne de télévision d’origine franco-allemande qui diffuse des émissions culturelles. Nous allons parler de l’émission réalisée par Carlos Franklin, à propos des Femmes d’Alger dans leur appartement, tableau d’Eugène Delacroix, daté de 1834. Nous allons traiter de ce sujet puisque l’émission s’est trouvée en libre d’accès sur internet durant un temps après sa diffusion à la télévision le 20 Décembre 2015.  Pour nous aider dans l’analyse de cette ressource numérique, nous allons également en utiliser une autre qui est le site CAIRN, une revue de sciences humaines et sociale à laquelle nous avons libre accès sur internet. Sur ce site, nous trouvons un article intitulé « Delacroix et les ‘Neos’ : pour le vrai contre le faux » écrit par Marie-Claude Genet-Delacroix qui nous parle du peintre français Eugène Delacroix. Nous allons particulièrement nous intéresser aux paragraphes qui nous parlent de son voyage en Orient.

« Les petits secrets des grands tableaux : Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix, 1834 » est une émission qui a été diffusée le 20 Décembre 2015 à 12h55 sur Arte. Elle s’est trouvée en visionnage libre sur le site d’Arte jusqu’au mois de Février. Cette émission a une durée de 26 minutes et se centre sur un tableau qui a été un tournant dans l’Orientalisme : Femmes d’Alger dans leur appartement. L’Emission commence par nous parler de l’admiration et la passion que ressent Delacroix pour l’Orient ce qui le mène à se lancer dans l’apprentissage de l’arabe. Ce goût pour l’Orient est éveillé tout d’abord par le poète britannique Lord Byron, engagé dans la lutte contre les turcs et mort durant un siège en 1824 en Grèce. Sa mort va bouleverser Delacroix qui va être poussé à représenter cette fureur dans ses œuvres La Mort de Sardanapale et Le Massacre de Scio. La deuxième personne qui éveille son goût pour l’Orient et pour sa curiosité pour le monde et ses populations est le grand écrivain Voltaire.

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Cette émission nous offre une description assez juste du tableau qu’il peint. En effet, on nous parle de « trois femmes dans un intérieur », avec une « nonchalance » caractéristique, les « bras dénudés » et une certaine « sensualité » dans leur corps. Ceci sert à poser la problématique sur laquelle va se baser l’émission : ces femmes semblent cacher quelque chose et c’est ce quelque chose qui va choquer le public de l’époque du peintre.

En effet, comme nous l’avons mentionné dans l’article Les thèmes dans l’Orientalisme, avant Delacroix, l’Orient n’était qu’un lieu irréel, qu’un fantasme pour les peintres et c’est ce fantasme qu’ils donnaient à voir dans leurs œuvres. Néanmoins, en 1832, Delacroix entreprend un voyage au Maroc avec l’ambassade du Comte de Mornay, qui le mène, selon l’article de Marie-Claude Genet-Delacroix à « la découverte d’un ‘peuple étrange’ qui lui rappelle les Anciens et d’une lumière crue qui l’amène à repenser les couleurs », ceci, poursuit-elle, va constituer « la source d’un inépuisable renouvellement de sa technique, qu’il mettra au service de la peinture d’histoire ». Son arrivée à Tanger change complètement sa vision du monde. En effet, comme nous l’avons déjà dit, il croit retrouver l’Antiquité dans le monde qu’il découvre. Celui-ci lui fait vivre en chair et en os cette Antiquité puisqu’il dira « Les Grecs et les Romains sont là à ma porte ! J’ai bien ri des Grecs de David, à part bien entendu sa sublime brosse. Je les connais à présent, les marbres sont la vérité même, mais il faut savoir lire et nos pauvres modernes n’y ont vu que des hiéroglyphes […]. Rome n’est plus dans Rome ».  L’Emission d’Arte nous dit que sa surprise et sa joie sont grandes  et qu’il dira même : « Je suis tout étourdi de ce que j’ai vu. Nous avons débarqué au milieu d’un peuple étrange ». Par ailleurs, l’article de Marie-Claude Genet-Delacroix nous indique que dans sa correspondance il dira  « Je suis en ce moment comme un homme qui rêve et qui voit des choses qu’il craint de voir lui échapper ». Ce voyage en Orient, selon ce documentaire est dû à une mission diplomatique auprès du sultan du Maroc ce qui emmène Delacroix à embarquer pour Tanger. Deux raisons le mènent à ce voyage : tout d’abord sa curiosité, son envie d’éloignement et puis le fait qu’il adhère à la présence française en Alger en tant que source de « civilisation » et de libération d’Alger du peuple turc.

L’émission va donc nous inviter à une redécouverte des Femmes d’Alger dans leur appartement.  Le public de l’époque avait pour habitude de voir représenter des odalisques, définies comme les « bonnes pour la chambre » et il se retrouve là devant une image qui le choque puisqu’elle est différente à tout ce qu’il connait. Dans un premier temps, nous avons une redéfinition du « beau ».  En effet, on nous parle de femmes qui portent toutes un corsage échancré tombant sur un pantalon court que nous appelons sarouel. Cette tenue laisse voir les mollets des femmes. Les femmes portent également un voile de soie qui indique qu’elles sont mariées, elles portent également des bijoux et des fleurs. La posture qu’elle adopte est, selon l’émission d’un « naturalisme cru et indécent » qui va jusqu’à la représentation de la servante. Cette servante est noire, elle se trouve à droite du tableau et s’apprête à sortir. Cette femme noire va à l’encontre du « beau académique ». Rentrer dans ce sujet permet à Delacroix de développer son intérêt pour la traite des noirs et pour la couleur en tant que peintre romantique. Cette visite en Orient va ouvrir devant Delacroix un monde de féminité. Ces trois femmes sont trois sœurs qui se vêtissent pour recevoir l’étranger. Il dira de cette vue qui se présente à lui que c’est « beau comme au temps d’Homère », pour lui chacune de ces femmes « est la femme comme je la comprends ». Nous voyons un véritable engouement pour ces femmes. Il va, en effet, en faire plusieurs croquis reprenant leurs poses, le décor, leurs vêtements, leur nudité et ira même jusqu’à reproduire la scène dans son atelier en demandant aux modèles de reprendre les poses de ces femmes. Ce voyage sert à Delacroix pour voler cette réalité de l’Orient. Il sait maintenant ce qu’est le vrai Orient et apporte tous les objets qu’il a pu y voir dans sa mémoire et utilise dans ses compositions des motifs qui lui sont familiers comme des coussins, tentures, babouches et les pieds nus.

Dans un deuxième temps, nous pouvons voir que dans Femmes d’Alger dans leur appartement il ne va pas représenter la scène pour provoquer des passions, il veut simplement montrer une vie paisible qui se déroule dans un intérieur somptueux. Le harem qu’Ingres représentait va se transformer avec Delacroix en un harem « calme et délicieux ».  Avec Delacroix, les stéréotypes de l’Orient vont être dépassés, car selon l’article de CAIRN « À l’Orient fictionnel et faux des œuvres d’Ingres, qu’il critique durement dans ses écrits, Delacroix oppose, dans ses œuvres, une représentation réaliste et vraie de son étrangeté et de son mystère. » Dans ce tableau, le spectateur est placé en tant que voyeur puis que Delacroix part à la recherche de la véracité, du « vrai idéal » qui consiste en dépeindre une expérience vécue et donc représenter des vêtements et accessoires authentiques qui ne vont plus se contenter de représenter « un miroir de l’Orient ».

Pour finir, l’émission nous parle d’un second tableau réalisé par Delacroix dans une version plus petite. Les femmes sont cette fois représentées plus en retrait, plus silencieuses et dans une atmosphère plus sombre. Il n’y a plus de lien avec le spectateur, l’orientalisme est dans ce tableau « plus conventionnel ». Nous avons donc vu qu’à travers Femmes d’Alger dans son appartement Delacroix nous montre une peinture qui se place entre imaginaire et réelle, entre l’observation de la vie et l’impulsion de l’âme.

P. M & M.G.

Bibliographie :

Site Arte « Les petits secrets des grands tableaux : Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix, 1834 » :

http://www.arte.tv/guide/fr/051648-009-A/les-petits-secrets-des-grands-tableaux/?vid=051648-009-A_SHOW_ARTEPLUS7_FR_fr

Site CAIRN, article de Marie-Claude Genet-Delacroix « Delacroix et les ‘Neos’ : pour le vrai contre le faux » :

http://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2005-2-page-225.htm

Jean-Léon Gérôme

Jean-Léon Gérôme, peintre et sculpteur français, membre de l’Académie des Beaux-Arts, est né en 1824 et est mort en 1904. L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, sans oublier l’Egypte ou la Turquie, sont des scènes réelles ou rêvées, qui ont longtemps été une source d’inspiration pour tous : Jean-Léon Gérôme découvre tous ces environnements, et est considéré comme le maître des peintres orientalistes Il découvre l’Orient en 1855-1856 et en fait sa principale source d’inspiration. Il découvre l’Egypte avec le sculpteur Bartholdi. Il se rend en Syrie et à Jérusalem. En 1868, il sillonne à nouveau l’Egypte, l’Asie. En 1871 il découvre la Turquie, en 1873 l’Espagne et l’Algérie, en 1879 le monde ottoman. C’est un peintre ethnographique qui parvient à retranscrire des scènes pittoresques orientales.

Pour présenter ce peintre majeur dans l’Orientalisme, nous nous appuierons sur trois sites numériques. Le premier article est écrit par un certain Hervé Lewandowskin, photographe d’oeuvres d’art, publié sur le site institutionnel du Musée d’Orsay et qui est donc une source fiable et qui aborde donc notre courant artistique et notre artiste avec sérieux. Le second article numérique est une fiche pédagogique en histoire de l’art, tenue par le professeur Claire Lingenheim du lycée Pontannier à Strasbourg, site personnel que nous avons déjà utilisé pour notre artiste Ingres, site sérieux qui traite de l’artiste Jean-Léon Gérôme et qui présente certaines de ses œuvres. Le troisième article, est une page personnelle provenant du site Orange et qui nous permet de voir certains aspects de la vie de notre artiste, mais nous ne pouvons nous renseigner sur l’auteur de cet article.

Il faut savoir que Gérald Ackerman, historien de l’art, a publié un livre intitulé Jean-Léon Gérôme, où il recense environ 600 peintures de Gérôme dont près des deux tiers ont pour sujet l’Orient que l’artiste, comme nous l’avons dit connaissait très bien.

Jean-Léon Gérôme fut l’un des peintres français les plus célèbres de son temps. Il fut durant sa carrière l’objet de polémiques, de critiques, notamment pour avoir défendu les codes d’une peinture académique qui s’essouffle face aux générations réalistes et impressionnistes. Considéré comme un véritable créateur de nouveaux mondes à travers la peinture, notamment orientaux, où il privilégie le sujet et la narration : « Peindre l’Histoire, peindre des histoires, fut la grande passion de Gérôme ».

Il accomplit à partir de 1855 de nombreux voyages, vers l’est de la Méditerranée. Cet ailleurs finalement très proche (au XIXe siècle commence dès la Grèce), fut redécouvert par nombre d’artistes dont le nôtre. Gérôme en fait le sujet de nombreuses de ses œuvres. Ses représentations orientales célèbre fascine le regard occidental contemporain. Il a recours à la photographie, témoin de ses voyages divers. Il invente des scènes orientales inspirées de l’imaginaire pictural et littéraire de son temps. L’Orient que peint Gérôme est celui rêvé dès 1829 par Victor Hugo, dans les Orientales. Ses images « vraies » de l’Orient de son temps demeurent fidèles à une vision orientaliste, où se mêle sensualité et violence.

Les images de Gérôme paraissent vraies car semblent recréer sans faille l’Orient attendu par ses contemporains. Elles apportent au fantasme l’authenticité. Il prend pourtant des libertés et peu de ses oeuvres sont le fruit d’une observation directe. Gérôme sait peindre de l’Orient une image qui reste identique dans le temps,  offerte aux regards de tous les curieux de cet Orient fantasmé. Il parvient à séduire son public contemporain, ravi d’observer les représentations orientales figées d’un ailleurs qui semble inchangé même par la présence maladroite occidentale. Nous allons à présent voir une œuvres exécutée par notre artiste pour mieux comprendre cette représentation orientale tant aimée.

Jean-L_on G_r_me - Grande Piscine de BrousseDans la Grande Piscine à Brousse, peint en 1885, les jeunes baigneuses dénudées regardent une belle femme accompagnée d’une femme noire (probablement une servante). Après la visite de Gérôme à Istanbul, en 1875, et durant une dizaine d’années, ce pays lui inspire de nombreux tableaux. Il montre un intérêt particulier pour la ville de Brousse où il visite les bains de Sinan dont il dessine l’intérieur pour son œuvre  : « comme la température était extrêmement élevée, je n’hésitais pas à me mettre complètement nu ; assis sur mon trépied, ma boîte de couleurs sur les genoux et ma palette à la main, j’étais un peu grotesque…». La Grande Piscine de Brousse est un exemple de peinture constituée à partir de souvenirs, de croquis et, vraisemblablement de photographies (rappelons-le Gérôme avait recours à la photographie pour immortaliser ses voyages en Orient). Des femmes blanches et noires dénudées prennent des poses variées, sensualité et érotisme sous la grande coupole des bains du XVIème siècle, qui comme nous l’avons dit précédemment est attribuée à l’architecte Sinan. Cette œuvre fait partie d’une longue série de scènes de bains, thème souvent présent dans l’orientalisme, faisant rêver les occidentaux.

Si vous avez le désir, vous lecteur, de découvrir d’autres œuvres de notre artiste, nous vous proposons ci-joint un lien provenant du site internet youtube (site web d’hébergement de vidéos sur lequel les utilisateurs peuvent envoyer, évaluer, regarder, commenter et partager des vidéos) qui présente une vidéo sur les œuvres de l’artiste Jean-Léon Gérôme.

M.G

Bibliographie :

http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/au-musee-dorsay/presentation-detaillee/article/jean-leon-gerome-25691.html?S=&print=1&no_cache=1&

https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/pedagogie/histoiredesarts/option/L_ailleurs/3._orientalismes.pdf

http://verat.pagesperso-orange.fr/Jean_Leon_Gerome2.htm

https://www.youtube.com/watch?v=j2y-GFJq2qA Vidéo youtube Jean-Léon Gérôme – Orientalist painter – HD

Jean-Auguste Dominique Ingres

IngresJean-Auguste Dominique Ingres, est un peintre français né à Montauban en 1780 et mort à Paris en 1867. Peintre défenseur du classique, il s’oppose au romantisme. Cependant on remarque que son œuvre est diversifiée que ce soit peintures d’histoire, portraits ou nus. Notre artiste a lui aussi participé au courant orientaliste à travers plusieurs œuvres, que nous étudierons par la suite dans notre article.

A travers trois sites numériques nous allons donc étudier le rapport qu’entretenait Ingres avec l’Orientalisme. Le premier article provient du site institutionnel du Louvre, article qui nous présente plusieurs conférences dirigées par des spécialistes du milieu artistique. Nous nous intéresserons en particulier à une conférence portant sur Ingres, l’orientalisme et la modernité, dirigée par Roger Benjamin, professeur d’histoire de l’art et de culture visuel et directeur du Power Institute de l’université de Sydney. Il préside également le Département d’histoire et de théorie de l’art. Le second article provient du site institutionnel Larousse, portail de ressources de référence, important et qualifié, qui nous présente ici un article complet sur Ingres. Le troisième site numérique est une fiche pédagogique en histoire de l’art tenue par le professeur Claire Lingenheim du lycée Pontannier à Strasbourg, et qui aborde notre artiste à travers deux de ses œuvres.

Comme nous l’avons dit, Ingres est considéré comme une figure majeure dans l’histoire de l’orientalisme bien qu’il soit un peintre classique. Il faut savoir qu’il a voyagé et habité en Italie et non en Orient ! Ses séries de peintures sur les Odalisques viennent de son propre imaginaire de l’Orient. Il utilise alors des modèles italiens, et dessine à partir des sources littéraires et visuelles du XVIIIème siècle. Ses nues féminins sont devenues des modèles influents pour la femme orientale, alors que l’expansion coloniale de la France à la fin du XIXème siècle permet un nouveau genre, celui de l’exotique. Au moment où l’orientalisme connait un nouvel essor au début du XXème siècle, les Odalisques d’Ingres, en particulier son Bain Turc et sa Grande Odalisque que nous allons voir à présent, ont plu à une avant-garde en réaction contre l’Impressionnisme.

Il faut savoir qu’une partie du mythe oriental concerne la vision de la femme, considérée comme métaphore de la Terre d’Orient. Le rêve qu’inspire l’Orient aux artistes nous présente la femme orientale présente dans des harems ou au bain turc (Baigneuses d’Ingres). La femme devient véritable muse pour tous ces artistes du XIXe siècle qui découvrent avec émerveillement cet Orient fantasmé. Les femmes sont dévoilées dans une civilisation du port du voile, cependant elles sont « cachées et enfermées » aux yeux de tous. Toutes ces contradictions amènent cette définition d’un regard occidental présent dans les rêves des artistes dont Ingres.

Jean-Auguste-Dominique Ingres, peint en 1814 La Grande Odalisque, exposée à Paris au musée du Louvre. Ingres nous présente le thème du nu mythologique à travers un Orient rêvé. Cette œuvre a été critiquée lors de son exposition au Salon de 1819

Ingres

Le Bain turc, est peint en1862, et est exposé à Paris au musée du Louvre. Ingres peint cette toile à la fin de sa vie, c’est ici la toile la plus érotique de son œuvre : une scène de harem associant le motif du nu et le thème de l’Orient, chers au peintre depuis plus de cinquante ans ! Des  femmes d’origine turque, sont nues et assises, elles ont des poses et attitudes variées,  dans un intérieur imagé oriental avec à gauche un bassin rappelant toujours ce thème des harems et scènes de bains. Il faut savoir que contrairement à Delacroix, il n’est jamais allé en Orient, il l’a simplement rêvé grâce aux gravures et à de nombreuses lectures. C’est donc un Orient fantasmé, présentant harems, et femmes sensuelles et érotisées que l’on retrouve à travers l’œuvre d’Ingres, peintre classique qui a participé cependant à cet engouement pour l’ailleurs, pour un ailleurs imagé par les Occidentaux.

IngresM.G

Bibliographie :

http://www.louvre.fr/sites/default/files/medias/medias_fichiers/fichiers/pdf/louvre-programme-detaille-cycle-quotingres.pdf

http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Jean_Auguste_Dominique_Ingres/124982

https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/pedagogie/histoiredesarts/option/L_ailleurs/3._orientalismes.pdf

Chassériau et l’Orient

 Théodore Chassériau est un peintre français né en 1819 à Saint-Domingue et mort en 1856. C’est un représentant du courant romantique mais aussi une grande figure de l’Orientalisme. Afin d’étudier son apport à ce mouvement pictural nous nous aiderons de trois ressources. Un article provenant du site internet du Grand Palais, une notice d’œuvre du musée d’Orsay un article issue d’un dictionnaire sur l’Orientalisme.

Les ressources utilisées pour cet article proviennent toutes de sites fiables et approuvés, en effet les différents sites de musées nationaux nous fournissent des informations vérifiées et des textes rédigés par des historiens ou historiens de l’art. Le dictionnaire des orientalistes de langue française est un ouvrage publié en 2008 chez Karthala, par une recherche Google on accède à un site dérivé du livre. On peut alors y voir la liste des différents auteurs et collaborateurs. François Pouillon, le directeur, est un professeur et chercheur à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales EHESS, c’est donc ici encore un ouvrage que l’on peut qualifier de fiable et découlant de recherches universitaires approfondies.

Tout d’abord penchons-nous sur l’article issu du dictionnaire numérisé sur GoogleBook, Dictionnaire des orientalistes de langue française publié par François Pouillon en 2008. C’est un ouvrage général traitant pleinement de notre sujet. L’article consacré à Chassériau nous explique que l’orient fait pleinement partie de la vie et du parcours du peintre. Il va voyager très tôt en 1846 en Algérie comme l’avait fait Delacroix au Maroc. Il en ramènera des carnets de croquis qui lui permettront de représenter un orient réel mais embellit par le traitement pictural. Il traitera aussi toute sa vie des thèmes bibliques, mythologiques et religieux dans lesquels il insufflera un air orientalisant par les motifs, les couleurs mais aussi les visages. Chassériau est considéré comme un excellent portraitiste.

Le site du grand palais nous fourni aussi un document sur Chassériau suite à la rétrospective qui lui a été consacrée en 2002. Contrairement à d’autres peintres de la mouvance orientaliste Chassériau délaisse la part fictive pour s’attacher d’avantage à une réalité. « L’Orient de sa peinture et de ses dessins n’est pas seulement fantaisie et évasion. A côté de rares scènes de harem, il peint la guerre moderne mais comme à distance, images de spahis et chocs de cavaliers arabes ». L’article le compare alors à Gauguin car il recherche toute sa vie à montrer l’origine de ce monde conquis par le colonialisme et le sentiment de perte identitaire qui en découle.

Dans son tableau Tepidarium, « salle où les femmes de Pompéi venaient se reposer et se sécher en sortant du bain » peint en 1853, Chassériau nous montre une scène purement antique, on y retrouve des figures rappelant les statues grecques. L’article nous parle d’une « Pompéi multiraciale » car pour les différents peintres ayant séjourné en Orient ils y retrouvent une nouvelle antiquité. L’orient est beau et pure comme l’était la Grèce et la Rome antique. C’est donc dans cet esprit que Chassériau peint ce tableau huit ans après son voyage en Algérie.

Afin d’approfondir notre sujet nous pouvons nous pencher sur une étude de tableau. Sur le site internet du musée d’Orsay on trouve des études détaillées. Ici, le tableau intitulé Chefs de tribus arabes se défiant au combat singulier, sous les remparts d’une ville, la notice est rédigée anonymement mais c’est une ressource officielle et donc fiable.

Le site nous le présente comme le pendant « masculin » du Tepidarium vu précédemment. Les visions idéales de harem, de femmes orientales d’une beauté nouvelle contrastent avec ces hommes virils combattants à cheval. Ce sont des visions stéréotypées par d’autres artistes mais empreintes ici de vérité. On y ressent une haine et une violence qui rappelle le contexte guerrier de l’époque coloniale, la fureur d’un peuple.

 

« Au premier plan, deux chevaliers s’affrontent dans un duel à mort, tandis qu’à terre git un corps, un poignard ensanglanté encore planté dans son torse. Dans le fond les combats se poursuivent et les cadavres s’amoncellent. »

Ce tableau est d’abord exposé en 1852 où il reçoit une critique difficile, puis en 1855 il est exposé de nouveau et la critique change radicalement d’avis, l’article nous cite la réaction de Théophile Gautier qui avait traité ce tableau l' »ébauche plutôt que d’un tableau », estime cette fois que la composition prise « au cœur même des mœurs arabes, joint à un très-beau style la plus exacte couleur locale ».

Pour conclure nous pouvons donc dire que Chassériau peint l’Orient d’une façon originale car pleine de vérité, il sublime l’orient par les couleurs mais renvoi une image moins stéréotypée que d’autres artistes de l’époque. On pourrait notamment faire un parallèle avec l’œuvre de Delacroix qui évolue nettement après son voyage en Orient, Les femmes d’Alger dans leur appartement n’ont plus l’aspect dramatique et grandiose que l’on trouvait dans La mort de Sardanapale. C’est donc probablement le voyage en Orient qui forge les artistes et leur donne une vision réelle de ce monde conquis.

Adélaïde Chabannes

Dictionnaire des Orientalistes de langue française: http://bit.ly/1p7AhXF

Chefs de tribus arabes se défiant au combat singulier, sous les remparts d’une ville: bit.ly/1QyFSA8

Exposition Chassériau au Grand Palais: bit.ly/21RbpRK

Les thèmes dans l’Orientalisme

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Cet article va se centrer sur les thèmes traités dans l’Orientalisme. Pour ce faire, nous allons étudier quatre articles numériques qui pour certains sont des sources dignes de confiance et basées sur d’autres ouvrages scientifiques. Le premier article se trouve sur le site Histoire de l’Art qui est une plateforme libre d’accès où l’on trouve une description des grands traits de l’orientalisme. Le deuxième est écrit par Clémentine Kruse sur le site Clé du Moyen Orient, une plateforme également libre d’accès avec une bibliographie qui nous montre qu’il s’agit d’un article construits sur des bases scientifiques. Quant au troisième article, il est écrit par Claude Robinot et nous pouvons le trouver sur le site de l’Académie de Versailles. Il s’agit d’une plateforme libre d’accès qui est digne de confiance puisqu’elle se base également sur une bibliographie importante. Pour finir, le troisième site est Wikipédia qui est une encyclopédie sur internet et une plateforme libre d’accès mais peu fiable dû au fait que n’importe quelle personne peut rédiger et modifier les articles.

Les thèmes de l’Orientalisme sont assez restreints et varient peu au cours des XIXème et XXème siècle. Dans la plupart des articles étudiés, nous pouvons voir que la représentation des harems est celle qui est plus particulièrement mentionnée. Dans l’article du site Histoire de l’art, on nous parle d’ « exotisme de la vie intime ». En effet, la représentation des harems, permet de montrer les femmes dénudées, plus particulièrement un groupe de femmes dans leur bain et donc dans leur vie intime. Le site de l’Académie de Versailles nous dit que le thème se centrerait plus sur la représentation de la femme c’est-à-dire la façon dont la femme est vue au Moyen-Orient. Pour ce faire, les harems seraient un bon moyen de représenter l’intimité de la femme et d’une certaine façon aussi la liberté de celle-ci dans un lieu qui n’était pas encore connu en Occident. Dans tous les cas, le thème du harem est celui qui a été représenté par les plus grands comme le fait remarquer le site Clé du Moyen-Orient avec par exemple Jean-Auguste Dominique Ingres et son Bain Turc. Le harem permet la représentation de l’exotisme par l’intermédiaire des femmes qui sont nues, une nouveauté pour la période et la société dans laquelle fait surface l’Orientalisme.

Le deuxième thème que nous pouvons retrouver mentionné dans la plupart des articles est celui du rêve d’ailleurs. Nous revenons à la notion d’exotisme dont rêve les occidentaux après la conquête d’Egypte par Napoléon et les récits qui vont en ressortir. Ces nouveaux horizons qui s’ouvrent à l’imagination des européens vont être fantasmés et rattachés à des mythes, des légendes sur des pays lointains et exotiques. Nous retrouvons ces représentations dans la peinture mais également dans la littérature qui va se tourner vers un rêve d’exotisme mais également une narration de voyage et une recherche du dépaysement. En effet, l’orientalisme va venir rompre avec le quotidien des européens qui vont pouvoir s’imaginer des récits dans des contrés lointaines avec des aventures extraordinaires qui vont inspirer peintres et écrivains. Il n’est pas de trop de rappeler qu’avant Delacroix, les artistes ne faisaient qu’imaginer le monde oriental sans même l’avoir connu, il était alors plus facile de s’adonner au fantasme et à l’imagination.

Le troisième thème n’est mentionné que par les sites Histoire de l’Art et Clé du Moyen-Orient. Il s’agit de la guerre, des guerriers héroïques. L’inspiration orientale vient du fait des conquêtes de Napoléon en Egypte comme nous l’avons déjà mentionné, donc elles sont jusqu’à un certain point rattachées à la guerre. Par ailleurs, la civilisation orientale rappelle et réveille aussi une certaine nostalgie des civilisations perdues. Ces civilisations qui étaient autrefois guerrières et d’où nous pouvions tirer des récits et des contes sur des héros légendaires, des guerriers héroïques. Il n’est donc pas étrange que le thème de la guerre ait inspiré les peintres mais également les écrivains. En peinture, le site Clé du Moyen-Orient nous parle d’Alexandre-Gabriel Decamps, celui qui est considéré comme le père de l’Orientalisme. Il s’agit d’un peintre de la première moitié du XIXème siècle qui va être, d’une certaine façon, le père de l’orientalisme avec des œuvres comme Patrouille turque inspirée donc de la guerre.

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Eugène Delacroix va être le premier à voyager en Orient en 1832. Ce voyage aura pour but de ne plus se baser sur des représentations imaginées mais sur des scènes qu’il aura vu de ses propres yeux.  Il va notamment représenter la vie quotidienne dans l’Orient. C’est un thème qu’il va bien développer et nous pouvons le voir dans des tableaux comme Femmes d’Alger dans leur appartement ou encore le Portrait de Moulay Abder-Rhaman, sultan du Maroc en 1845.

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D’autres thèmes sont mentionnés dans les articles comme le désert, la représentation des paysages qui vers la fin du XIXème siècle vont passer de représentation fantasmée à des représentations plus réalistes peut-être dû au fait que les artistes vont entreprendre des voyages au Moyen-Orient à l’instar de Delacroix. Un autre thème est celui des campagnes de Napoléon en Egypte que nous pouvons retrouver dans le célèbre tableau des Pestiférés de Jaffa peint par Antoine-Jean Gros au début du XIXème siècle.

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Pour conclure, nous avons vu que ces articles nous ont permis d’étudier les différents thèmes bien qu’ils ne soient pas tous basés sur des sources sûres. Cette étude nous a, par ailleurs, laisser voir l’Orientalisme dans son ensemble, tant dans la peinture comme dans la littérature.

P.M.

Bibliographie :

Clémentine KRUSE, Orientalisme au XIXème siècle, 2012

http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-Orientalisme-au-XIXeme-siecle.html

Claude ROBINOT, Etudier l’Orientalisme avec des élèves, 2011

http://www.histoire.ac-versailles.fr/spip.php?article915

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orientalisme

http://www.histoiredelart.net/courants/l-orientalisme-17.html