Orientalisme et marché de l’art

Le marché de l’art et l’orientalisme. Nous pouvons étudier l’Orientalisme sous un autre angle : celui du marché de l’art. Pour ce faire, nous allons étudier trois ressources numériques. La première est un blog économique de marché de l’art tenu par Robin Massonnaud qui publie un article sous le titre « Au secours les ventes orientalistes reviennent ». La deuxième est une Fiche d’Art traitant de l’Orientalisme sur le site ArtCult, un journal du marché de l’art. Pour finir, la troisième ressource est le site du magasine Jeune Afrique avec l’interview de Véronique Rieffel, auteur d’Islamania et directrice de l’Institut de cultures d’Islam.

Le marché de l’art dans l’Orientalisme suit plus une mode selon l’article « Au secours les ventes orientalistes reviennent ». En effet, l’auteur avoue qu’il y a bien eu une époque de gloire pour l’Orientalisme, à l’époque d’un « orient fantasmé » et où il y avait des artistes influents comme Ingres, Eugène Delacroix, Théodore Chassériau, Léon Gérôme etc. Selon le site ArtCult, l’Orientalisme et l’intérêt pour ce mouvement est né des « échanges remarquables entre l’Occident et l’Orient depuis le XVIème siècle » et du voyage des peintres, de leur découverte des « charmes du Maghreb et du Proche-Orient ». Néanmoins, Robin Massonnaud nous dit que c’est la « montée en puissance des monarchies pétrolières et de certaines belles fortunes du Maghreb et du Machreck » va faire revenir l’intérêt pour l’Orientalisme. Ceci provoque des catalogues de vente épais, remplient d’œuvres orientalistes. Cependant, à partir de là, l’auteur se divise en deux opinions. D’un côté il y a un surgissement d’œuvres oubliées, d’artistes talentueux comme Carle Vernet et son  Cheval mamelouk qui pour lui a toute la légitimité de coûter entre 80 000 et 100 000€. D’un autre côté, il dira lui-même que nous pouvons trouver entre ces œuvres un « bric-à-brac de peintres certains honnêtes mais laborieux et répétitifs, d’autres n’ayant d’artistes que le nom ». En conclusion, pour lui le retour des ventes orientalistes, comme le sous-entend le titre, est plus quelque chose de négatif, tourné vers le domaine économique plus que vers l’art. Il finit par prévenir que même dans les cas des grands artistes « il convient d’acheter avec prudence » car les « peintres orientalistes ont souvent produit à l’excès » et que « tout n’est pas bon même chez les meilleurs ».

Dans un deuxième temps, nous pouvons voir que Véronique Rieffel fait la différence entre l’art oriental du XIXème siècle et celui de l’Islam. Dans son interview, elle révèle qu’elle appelle son livre Islamania pour détourner la mauvaise vision de l’Islam qu’a le monde. Elle essaye de montrer que l’Islam a été une source d’inspiration et qu’il finit par rentrer dans les Beaux-Arts. En effet, elle nous parle par exemple de l’artiste marocaine Majida Khattari qui, après les attentats du 11 Septembre, fait des photos d’anciennes œuvres orientalistes en remplaçant par exemple la cruche d’une femme par une sac en forme de grenade. Ceci est pour Véronique Rieffel, l’exemple que l’image de la femme dans l’orientalisme est importante mais on y a ajouté la violence à laquelle on associe l’Islam à présent. Ce grand mouvement et ce bruit autour de l’Orientalisme est d’autant plus important grâce ou à cause du marché de l’art selon la directrice de l’Institut de cultures de l’Islam. En effet, elle nous dit que le simple fait de parler d’ « art musulman » ou d’« art arabe » fait vendre. Par ailleurs, aujourd’hui nous classifions les artistes dans cet art orientaliste ou musulman sans qu’ils respectent des critères esthétiques. Aujourd’hui, l’orientalisme est plus une étiquette qui fait vendre dans le marché de l’art car les artistes souffrent beaucoup du manque de visibilité. Ils doivent passer par l’occident en portant cette étiquette d’artiste oriental afin de faire vendre.

En conclusion, nous avons vu que le marché de l’art contribue beaucoup à la survie de l’orientalisme. Néanmoins, cette survie se fait soit pour l’importance des pays de production pétrolière, soit pour l’étiquette d’artiste orientaliste qui fait vendre et qui est l’héritage de l’Orientalisme du XIXème siècle.

P.M.

Bibliographie :

Blog de Robin Massonnaud sur le marché de l’art, Article « Au secours les ventes orientalistes reviennent »

http://blogs.votreargent.fr/marche-de-l-art/2013/10/03/au-secours-les-ventes-orientalistes-reviennent/

Site ArtCult:

http://www.artcult.fr/_Peintures/Fiche/art-20-1251186.htm

Magazine Jeune Afrique, Article « Pour en finir avec l’Orientalisme »

http://www.jeuneafrique.com/190335/culture/arts-plastiques-pour-en-finir-avec-l-orientalisme/

 

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Les Orientales, Victor Hugo 1829

Les Orientales est un recueil de poèmes écrit par Victor Hugo en 1828 et publié 1829. Il regroupe 41 poèmes marqués par l’attrait de La Grèce et l’Orient au XIXe siècle. Nombres d’auteurs ont parlé de l’Orient sans jamais y être allé, c’est le cas de Victor Hugo. Il rédige dans ces poésies une vision lumineuse et magique d’un lieu retransmise à l’écrit. On peut presque y voir une description de certains tableaux orientalistes.

Pour évoquer ce recueil nous nous appuierons sur différentes ressources, tout d’abord la page Wikipédia et un dossier pédagogique rédigé par Sylvain Leroy.

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La préface de l’ouvrage rédigée par Hugo indique que «  Les études orientales n’ont jamais été poussées si avant. Au siècle de Louis XIV on était helléniste, maintenant on est orientaliste. Jamais tant d’intelligences n’ont fouillé à la fois ce grand abîme de l’Asie.[…] Il résulte de tout cela que l’Orient, soit comme image, soit comme pensée, est devenu pour les intelligences autant que pour les imaginations une sorte de préoccupation générale à laquelle l’auteur de ce livre a obéi peut-être à son insu ». L’exotisme est une prétexte pour laisser parler son art. l’orient donne au poète une grande liberté des rythmes, des sons, des images… c’est une vision onirique dans laquelle Hugo peut se perdre et emmener son lecteur. D’artiste politiquement engagé on passe d’avantage à une idée de l’art pour l’art dans ces poèmes.

Néanmoins, dans certains poèmes on peut voir que Hugo dénonce des faits réels et politiques.
Le poème l’enfant par exemple,  Hugo cherche à y  montrer les ravages que les turcs ont infligés à la Grèce. Il évoque le souvenir d’une île grande et riche où l’on trouvait « de nombreux palais »,ce poème évoque le  désir de voir revenir le passé de cette île. « La ruine et la deuil » ont pris la place de la beauté flamboyante.
D’autres poèmes sont d’avantage une image d’un orient rêvé que l’on retrouve dans les tableaux de Delacroix, Chassériau, Ingres

La lune était sereine et jouait sur les flots. —
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? —
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… —
La lune était sereine et jouait sur les flots.

Clair de Lune, Victor Hugo, Les Orientales, 1829

Les différentes ressources utilisées ne permettent pas d’étudier le recueil en profondeur, ce sont des documents utiles afin de présenter l’ouvrage mais ce ne sont pas des ressources scientifiques.

Adélaïde Chabannes

Bibliographie :

https://www.pedagogie.ac-aix-marseille.fr/upload/docs/application/pdf/2013-06/orientales-leroy.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Orientales

Etude sur un site personnel – Orientaliste.Free

ouvrages littérairesLe site Orientaliste.free est un site personnel créé en 1997 par Hervé Lauret. Celui-ci se définit comme un « amateur passionné » qui s’est lancé dans le projet de la création de ce site qui, selon lui, l’a mené à rencontrer de nombreuses personnalités du monde de l’art comme des auteurs, chercheurs, conservateurs et marchands d’art.Capture d’écran (147).png

Nous allons étudier ce site pour voir s’il s’agit d’une source fiable dans la recherche sur le thème que nous traitons, à savoir l’Orientalisme.Capture d’écran (149).png

Pour commencer, nous pouvons voir que l’auteur et créateur du site fait un « CV » pour se donner une certaine légitimé face au lecteur. Il va dans celui-ci, d’abord nous dire qu’il est professeur en Science Physique et Chimie, ce qui n’a apparemment pas grand-chose à voir avec l’Histoire de l’Art. Néanmoins, il poursuit en nous disant qu’il a obtenu un diplôme en Histoire de l’Art à l’université de Grenoble. Il va ensuite expliquer les raisons qui l’ont poussé à créer cette page : la plus importante c’est sa passion qui va le mener à rencontrer des spécialistes qui, à leur tour, vont lui donner les moyens et les connaissances pour pouvoir entretenir son site. Pour finir, il fait référence aux conférences auxquelles il a été convié. Tout ce travail au niveau de la réalisation d’un « CV » sur sa page a pour but, selon nous, de chercher une légitimité  face à ses lecteurs.

Le site a été créé en 1997 et, selon Hervé Lauret, il traite de « la peinture orientaliste de la fin du XIXème et du début du XXème siècle ». Dans son maintien du site, il est « épaulé » par Karim Azouaou et « tous les correspondants du site ». Nous pouvons donc déjà voir qu’il ne s’agit pas d’un travail qu’il réalise seul, d’autant plus qu’il indique lui-même qu’il a acquis des connaissances au fur et à mesure de ses rencontres avec les spécialistes de l’Art. Nous allons donc voir les différentes parties de ce site et également, chercher à savoir s’il nous donne une approche complète ou non de l’Orientalisme.Capture d’écran (147).png

Lorsque nous ouvrons le site, la première chose que nous pouvons voir sur la page c’est le copyright déposé en France sur le coin supérieur droit. Son travail est donc bien reconnu et protégé par le droit d’auteur en France. Par ailleurs, sur le coin supérieur gauche, nous pouvons également voir que le site est accessible en partie en version anglaise. Jusque là, Hervé Lauret nous présente un travail rigoureux qu’il souhaite partager et rendre accessible à plus de monde.

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La page d’accueil nous met directement dans un sommaire. Sur les trois premières options de la ligne il y a : une partie muséale qui nous propose une collection plutôt personnelle d’œuvres orientalistes, puis une « collection de musées » avec des liens qui nous renvoient vers les sites web des Musées où nous pouvons trouver des peinturesCapture d’écran (156).png orientalistes. Au centre, il y a un onglet « Biographies » avec un Index des peintres orientalistes. Lorsque nous cliquons sur celui-ci, nous pouvons trouver un peintre selon son pays d’origine ou alors grâce à une barre de recherche. Lorsque nous sommes entrés dans la page « pays d’origine » nous pouvons maintenant chercher le nom de l’artiste par son initial. Une fois que cela est fait, une liste d’artistes apparaît, classé par ordre alphabétique et présentant une petite biographie du peintre. Pour prendre un exemple, nous allons aller dans « peintres français » puis « C » pour arriver à Theodore Chasseriau. Hervé Lauret va nous donner une rapide biographie de celui-ci en indiquant ses inspirations, son voyage en Afrique et enfin son style.
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Ensuite, nous pouvons voir, à côté, un onglet « L’Orientalisme en peinture, quelques explications » qui nous donne des informations générales sur le mouvement. Il fait une contextualisation historique du mouvement dans une page. Dans une autre, il donne les caractéristiques de celui-ci. « Des peintres voyageurs » traitent d’un aspect important de la peinture orientaliste car le fait de se rendre en Afrique pour rencontrer et vivre cette culture orientaliste était comme un rite de passage. Pour finir, il donne des informations méticuleusement groupées à propos des institutions de l’époque dans laquelle prend place l’orientalisme. L’ensemble de ces pages et de leur contenu sont signés Hervé Lauret avec le copyright français qui l’accompagne.Capture d’écran (166).png

Plus bas dans le sommaire, nous pouvons voir les événements d’ « Actualité » même s’il semblerait que le site n’est pas été actualisé depuis 2014. Ensuite suivent ses « Références » où il va d’abord nous emmener vers les Musées avec une longue liste de Musée en France, en Europe Continentale et Hors d’Europe. De la même façon, la partie Bibliographique est très bien détaillée. Tout d’abord il nous présente les éditions ACR en nous renvoyant vers leur site. Ces éditions sont spécialisées dans les livres d’Art. La liste de livres qu’Hervé Lauret nous présente est sur le thème de l’Orientalisme. Le créateur du site va ensuite nous donner une liste d’ouvrages généralistes, d’ouvrages monographiques, de publications à compte d’auteurs, des publications en langue anglaise et, pour finir, des références générales ou spécialisées, des dictionnaires et des encyclopédies où nous pouvons trouver des informations sur le thème de l’Orientalisme.

Hervé Lauret place tout en bas de son sommaire comme des avis de recherche. D’abord il se concentre sur le Travail Universitaire en cours, en donnant tous les détails sur le projet. Après, nous pouvons trouver un avis de recherche dans le cas où quelqu’un cherche des œuvres d’art ou des documents. Enfin, une liste de recherches en cours avec le nom du peintre concerné suivi du nom du demandeur et ce qu’il recherche avec son contact.Capture d’écran (159).png

A la fin de sa page, il nous présente un moteur de recherche qu’il dit avoir été « fourni par FreeFind » avec un lien hypertexte qui renvoie à la page principale de ce fournisseur de moteur de recherche. Il donne même les lignes directrices pour que la recherche soit menée à bien. Nous avons ensuite un moyen de le contacter par mail et tout en bas, encore une fois, la mention du copyright par Copyright France. Une petite icône avant le copyright a pour description « autres thèmes » et renvoie aux autres sites personnels d’Hervé Lauret. Il y en a un sur la Musique Baroque, un sur la Musique Indienne, un sur l’Art d’Afrique et enfin celui que nous étudions, sur la peinture orientaliste.

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En conclusion, nous venons d’étudier la page Orientaliste.org ou Orientaliste.free qui traite du thème de l’Orientalisme. Nous pouvons dire que l’information sur le thème est assez complète bien que du côté des artistes, les biographies ne soient pas très exhaustives. Par ailleurs, c’est un site qui regroupe beaucoup de ressources comme des ouvrages littéraires, des sites webs, des musées qui sont en lien avec l’Orientalisme.

P. M.

Bibliographie :

Orientaliste.free, site personnel d’Hervé Lauret: http://orientaliste.free.fr/

 

Les médiums en Orientalisme

L’orientalisme, est un courant d’idées européennes, porté sur l’Orient. Comme nous l’avons vu dans d’autres articles du blog, l’orientalisme est très présent en peinture, chez de nombreux artistes européens. Mais il faut savoir que la peinture n’est pas le seul moyen d’expression pour ce courant. C’est un courant où se rejoignent tous les arts, les sciences et la politique. L’Orientalisme est également présent en architecture, en musique, en littérature (Article Edward Saïd, l’Orient crée par l’Occident), en photographie, mais influence également la mode vestimentaire et mobilière, il est même présent dans le cinéma ! C’est ce que nous allons voir à présent dans notre article.

Nous allons nous appuyer sur de nombreux articles numériques variés ainsi que sur des livres . Nous avons choisis un dossier pédagogique réalisé par le musée d’art et d’histoire du judaïsme sur Les Juifs dans l’Orientalisme (exposition qui étudie la question du juif représenté en Orient), qui se déroulait en 2012. Site intéressant car assez général sur l’ensemble de notre courant et qui parle de différents médiums. Deux livres (publiés dans leur intégralité) provenant du site GoogleBooks, un service en ligne fourni par Google, que nous avons trouvé par hasard en faisant des recherches générales sur les médiums artistiques. C’est à la fois un outil de recherche intra-texte, de consultation de livres en ligne ou sur appareil mobile, de constitution de collections personnelles, et de téléchargement d’ouvrages libres de droits. Mais aussi une librairie en ligne via la boutique GooglePlay. Il s’agit aujourd’hui du plus grand corpus textuel au monde. Nos deux articles porte sur un livre de Eduardo Dizy Caso, Les orientalistes de l’école espagnole, et Après l’orientalisme. L’Orient créé par l’Orient par François Pouillon et Jean-Claude Vatin, deux livres qui abordent la mode vestimentaire et le mobilier dans l’orientalisme. Un article intéressant sur l’Orientalisme en photographie provenant du site Les clés du Moyen-Orient, site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient qui semble fiable au vu de ses nombreuses ressources bibliographiques et des auteurs qualifiés (description pour chaque auteurs appartenant au site). Un autre article traitant de l’architecture orientale sur le site INHA (institut national d’histoire de l’art dont le site institutionnel regroupe des collections électroniques, actes de colloques et livres en ligne). Pour terminer nous mettrons en bas de l’article un lien permettant d’écouter de nombreuses musiques orientalistes, provenant du site France Musique.

Photographie

Avec l’invention de la photographie, de nombreux photographes, amateurs ou professionnels, voyagent en Orient massivement à partir des années 1850, et véhiculent une vision semblable à celle des peintres européens, afin de capter dans leur objectif les visions véhiculées par les peintres. La photographie orientaliste se distingue de la peinture orientaliste, car sa technique se doit d’enregistrer une nouvelle réalité, un morceau de réel de cet Orient qui fut longtemps fantasmé. La présence des photographes occidentaux en Orient s’intensifie, grâce à l’amélioration des procédés photographiques, qui deviennent plus rapides et moins encombrants à transporter. Parmi ces photographes, certains s’installent là-bas et y ouvrent des studios, afin d’exploiter jusqu’à la fin du XIXe siècle le succès commercial de l’Orientalisme. Ils photographient des scènes de genre, paysages ou encore des mises en scènes dîtes « pittoresques », sujets qui répondent parfaitement aux attentes du public occidental, mais qui ne répondent pas toutes à la réalité des choses vues et vécues dans cet Orient envahis…

Il ne faut pas oublier que les premières oeuvres photographiques se sont inscrites pendant plusieurs décennies dans le sillage de la peinture. On voit donc d’abord apparaître la photographie orientaliste à tendance romantique. Ce genre de photographies représentent souvent l’opposition de l’homme face à une nature immense et sublime, souvent en lien avec un certain goût pour les ruines, considérées comme les vestiges d’un passé regretté. Les premières photographies sont donc rarement remplies de présences humaines, afin de mettre en valeur la dimension achronique des sites orientaux.

Les œuvres de Bonfils (le studio photographique le plus prolifique du Moyen-Orient lui appartenait : « Photographie de Bonfils – Curiosités de tout l’Orient. »), dans les années 1870 présentent de simples vues du temple de Baalbek (Liban) ou des Pyramides de Gizeh (Egypte) :

Caire, Pyramides de GizehFélix BONFILS, Pyramides de Gizeh – Égypte, 1860-1885

Plus tard cette photographie devient véritablement orientaliste dans le sens d’exotisme qui s’inspire d’images des contes des Milles et Une Nuits, et qui s’éloignent des scènes de vie quotidienne. Beaucoup de photographes veulent faire des œuvres pittoresques, seulement nous nous rendons vite compte de la fausseté de certains clichés qui ne sont pas pris sur le vif comme les peintres semblent l’affirmer…

La photographie en studio utilise les accessoires orientaux : tapis, tentures, éventails, narguilés, sofas, armes. Nous pouvons le voir avec le photographe Pascal Sebah, et ses décors  exotiques mais artificiels, présentant des personnes en costumes traditionnels d’Orient :

Pascal Sebah - Public Scribe, ca 1870Pascal SEBAH, Public Scribe, v.1870

D’autres artistes comme Roger Fenton (photographe officiel de la Reine Victoria) possèdent un studio à Londres et photographient des bourgeois européens en costumes orientaux. L’orientalisme en photographie se veut être la reconstitution de l’Orient à travers les vêtements, les décors, l’architecture, c’est un véritable théâtre occidental mis en place au service de la photographie :

f8d9ee01-945b-4218-80b6-25948b092fd8Rogen FENTON, Pasha et Bédouin, Louvre Abu Dhabi

« La dualité qui va jusqu’à contaminer nos meubles et nos vêtements, le conflit entre le sofa-turc et le canapé européen, la veste traditionnelle et la chemise européenne, proviennent de notre malaise à choisir entre l’Orient islamique et l’Occident chrétien » L’Orient créé par l’Orient, François Pouillon et Jean-Claude Vatin.

505c9025eadd2d01c0ff0c125fb14aebOrient et Occident ne font plus qu’un à travers les représentations d’hommes en costumes traditionnels, meubles typiques et architectures orientales

Architecture

Au départ, les voyageurs venus en Orient, ne s’intéressent pas à l’architecture orientale. Lorsque des gravures de ces architectures complètent les ouvrages, elles offrent seulement des vues de villes générales ou d’édifices déformés, vues qui ne permettent pas aux Occidentaux de se faire une idée précise des monuments de là-bas. A partir du XVIIIe siècle, les descriptions et les représentations d’édifices orientaux se multiplient, en particulier mosquées et palais se trouvant à Constantinople et Ispahan, principales destinations des Occidentaux en Orient. Son connus aussi l’Alhambra de Grenade et la mosquée de Cordoue, les pavillons de la Zisa et de la Cuba à Palerme, et également l’architecture civile algérienne et l’architecture funéraire moghole:

Illustration Cornelius Le BRUYN, Voyage par la Moscovie, en Perse et aux Indes orientales, 1718, pl. 75-76: illustration de la ville Ispahan, place royale

IllustrationJean-Baptiste SEROUX D’AGINCOURT, Histoire de l’art par les monuments, 1801-1825, pl. 44 : État de l’architecture arabe en Europe depuis le VIIIe siècle jusqu’au XVe siècle.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les expéditions entraînent au fur et à mesure des architectes et des savants dans l’ensemble des pays musulmans. La connaissance de l’architecture orientale devient générale, bien que peu précise. Cela concerne essentiellement les Français et les Anglais, les deux puissances coloniales, dont les missions scientifiques participent à leur lutte d’influence réciproque En France, le Salon est le lieu dans lequel sont exposées les représentations d’architecture d’Orient par les peintres orientalistes, des modèles d’architectures orientaux apparaissent en Occident.

Les architectes s’inspirent de motifs célèbres de l’architecture mauresque : la mosquée de Cordoue et l’Alhambra. On retrouve des motifs distinctifs de cette architecture orientale : coupoles à nervures, minarets, assises de pierres alternées, décors de mosaïques de pierre etc. L’omniprésence de l’Alhambra et de la mosquée de Cordoue dans l’orientalisme est un phénomène purement européen.

L'Alhambra - GranadaL’Alhambra, Grenade, Espagne

Cinéma et Musique

Le cinéma apparaît comme le successeur de l’orientalisme au XXe siècle. En effet, les studios réalisent des reconstitutions gigantesques et grandioses qui prennent pour thème l’Orient rêvé par les Occidentaux. Nous pouvons parler ici du film Naissance d’une nation de 1915, de David W. Griffith, Cléopâtre de Cecil B. DeMille, datant de 1934. Les Dix Commandements, une fois de plus de Cecil B. DeMille en 1923, Lawrence d’Arabie de David Lean, 1962. Ben-Hur de William Wyler, réalisé en 1959, Salomé de J. Gordon Edwards, en 1918, et bien d’autres encore… Pour analyser plus en profondeur ce genre de films, nous mettons à votre dispositions des liens vers d’autres blogs qui traitent du cinéma et des Peplums en tout genre (Ben-Hur, Gladiateur etc.).

https://cinemaetmusique70.wordpress.com/

https://peplumblog.wordpress.com/

L’Orientalisme est également présent en musique, pour cela nous vous laissons prendre plaisir à écouter une émission radio de France Musique : L’Orientalisme dans la musique française. Debussy, la Grèce antique et l’extrême-Orient.

http://www.francemusique.fr/emission/notes-du-traducteur/2014-2016/l-orientalisme-dans-la-musique-francaise-debussy-la-grece-antique-et-l-extreme-orient-01

M.G

Bibliographie :

Lorraine Decléty, « Pratique et connaissance : les chemins divergents de l’orientalisme scientifique et de l’orientalisme artistique en France et en Allemagne », in Nabila Oulebsir et Mercedes Volait (dir.), L’Orientalisme architectural entre imaginaires et savoirs, Paris, Picard (« Collection D’une rive l’autre »), 2009, [En ligne], mis en ligne le 25 mars 2014, consulté le 27 mars 2016. URL : http://inha.revues.org/4920

http://www.mahj.org/documents/Juifs-dans-l-orientalisme-dossier-pedagogique.pdf

[Consulté le 27/03/16]

http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-orientalisme-en-photographie.html

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=xnAJGlUJbyEC&pg=PA268&lpg=PA268&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=xYRfD6JT0i&sig=PeQw7S5W58foozmn6u6zzkXDWbY&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=gzEYBgAAQBAJ&pg=PA305&lpg=PA305&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=lpRVEZt47z&sig=nmFDDafDmki17vhYI9MDzw0Um2I&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]

Chassériau et l’Orient

 Théodore Chassériau est un peintre français né en 1819 à Saint-Domingue et mort en 1856. C’est un représentant du courant romantique mais aussi une grande figure de l’Orientalisme. Afin d’étudier son apport à ce mouvement pictural nous nous aiderons de trois ressources. Un article provenant du site internet du Grand Palais, une notice d’œuvre du musée d’Orsay un article issue d’un dictionnaire sur l’Orientalisme.

Les ressources utilisées pour cet article proviennent toutes de sites fiables et approuvés, en effet les différents sites de musées nationaux nous fournissent des informations vérifiées et des textes rédigés par des historiens ou historiens de l’art. Le dictionnaire des orientalistes de langue française est un ouvrage publié en 2008 chez Karthala, par une recherche Google on accède à un site dérivé du livre. On peut alors y voir la liste des différents auteurs et collaborateurs. François Pouillon, le directeur, est un professeur et chercheur à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales EHESS, c’est donc ici encore un ouvrage que l’on peut qualifier de fiable et découlant de recherches universitaires approfondies.

Tout d’abord penchons-nous sur l’article issu du dictionnaire numérisé sur GoogleBook, Dictionnaire des orientalistes de langue française publié par François Pouillon en 2008. C’est un ouvrage général traitant pleinement de notre sujet. L’article consacré à Chassériau nous explique que l’orient fait pleinement partie de la vie et du parcours du peintre. Il va voyager très tôt en 1846 en Algérie comme l’avait fait Delacroix au Maroc. Il en ramènera des carnets de croquis qui lui permettront de représenter un orient réel mais embellit par le traitement pictural. Il traitera aussi toute sa vie des thèmes bibliques, mythologiques et religieux dans lesquels il insufflera un air orientalisant par les motifs, les couleurs mais aussi les visages. Chassériau est considéré comme un excellent portraitiste.

Le site du grand palais nous fourni aussi un document sur Chassériau suite à la rétrospective qui lui a été consacrée en 2002. Contrairement à d’autres peintres de la mouvance orientaliste Chassériau délaisse la part fictive pour s’attacher d’avantage à une réalité. « L’Orient de sa peinture et de ses dessins n’est pas seulement fantaisie et évasion. A côté de rares scènes de harem, il peint la guerre moderne mais comme à distance, images de spahis et chocs de cavaliers arabes ». L’article le compare alors à Gauguin car il recherche toute sa vie à montrer l’origine de ce monde conquis par le colonialisme et le sentiment de perte identitaire qui en découle.

Dans son tableau Tepidarium, « salle où les femmes de Pompéi venaient se reposer et se sécher en sortant du bain » peint en 1853, Chassériau nous montre une scène purement antique, on y retrouve des figures rappelant les statues grecques. L’article nous parle d’une « Pompéi multiraciale » car pour les différents peintres ayant séjourné en Orient ils y retrouvent une nouvelle antiquité. L’orient est beau et pure comme l’était la Grèce et la Rome antique. C’est donc dans cet esprit que Chassériau peint ce tableau huit ans après son voyage en Algérie.

Afin d’approfondir notre sujet nous pouvons nous pencher sur une étude de tableau. Sur le site internet du musée d’Orsay on trouve des études détaillées. Ici, le tableau intitulé Chefs de tribus arabes se défiant au combat singulier, sous les remparts d’une ville, la notice est rédigée anonymement mais c’est une ressource officielle et donc fiable.

Le site nous le présente comme le pendant « masculin » du Tepidarium vu précédemment. Les visions idéales de harem, de femmes orientales d’une beauté nouvelle contrastent avec ces hommes virils combattants à cheval. Ce sont des visions stéréotypées par d’autres artistes mais empreintes ici de vérité. On y ressent une haine et une violence qui rappelle le contexte guerrier de l’époque coloniale, la fureur d’un peuple.

 

« Au premier plan, deux chevaliers s’affrontent dans un duel à mort, tandis qu’à terre git un corps, un poignard ensanglanté encore planté dans son torse. Dans le fond les combats se poursuivent et les cadavres s’amoncellent. »

Ce tableau est d’abord exposé en 1852 où il reçoit une critique difficile, puis en 1855 il est exposé de nouveau et la critique change radicalement d’avis, l’article nous cite la réaction de Théophile Gautier qui avait traité ce tableau l' »ébauche plutôt que d’un tableau », estime cette fois que la composition prise « au cœur même des mœurs arabes, joint à un très-beau style la plus exacte couleur locale ».

Pour conclure nous pouvons donc dire que Chassériau peint l’Orient d’une façon originale car pleine de vérité, il sublime l’orient par les couleurs mais renvoi une image moins stéréotypée que d’autres artistes de l’époque. On pourrait notamment faire un parallèle avec l’œuvre de Delacroix qui évolue nettement après son voyage en Orient, Les femmes d’Alger dans leur appartement n’ont plus l’aspect dramatique et grandiose que l’on trouvait dans La mort de Sardanapale. C’est donc probablement le voyage en Orient qui forge les artistes et leur donne une vision réelle de ce monde conquis.

Adélaïde Chabannes

Dictionnaire des Orientalistes de langue française: http://bit.ly/1p7AhXF

Chefs de tribus arabes se défiant au combat singulier, sous les remparts d’une ville: bit.ly/1QyFSA8

Exposition Chassériau au Grand Palais: bit.ly/21RbpRK

Edward Said, l’Orientalisme

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L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident

Cet article traitera du livre fondateur du concept de l’Orientalisme. Écrit par Edward Saïd en 1980, L’Orientalisme, l’Orient crée par l’Occident développe la thèse de l’auteur selon laquelle l’image de l’Orient aux yeux des européens est une conception crée de toute pièce par les européens eux-mêmes. L’auteur est le père fondateur des études postcoloniales, il s’intéresse ainsi aux nombreux textes, récits de voyages, et écrits politiques du XIXe et XXe siècle.

Afin d’étudier ce texte nous utiliserons deux comptes rendus publiés sur Persée. Persée est une plate forme libre d’accès qui regroupe des textes et articles tirés de revues et d’ouvrages scientifiques français. Ce site est constamment remis à jour et les ressources que l’on y trouve sont rédigées par des spécialistes du sujet recherché.
Le premier compte-rendu étudié est paru en 1980 dans la Revue Théologique de Louvain. Cette revue est publiée par l’université catholique de Louvain et regroupe les textes de recherches des professeurs.

L’auteur de ce texte, Guy Harpigny, est un prêtre belge, diplômé d’arabe et  Docteur en Théologie de cette même université de Louvain.
Harpigny fait un résumé du texte en reprenant l’ordre et le plan du livre.

Saïd explique ainsi que l’Orientalisme est une idée de l’Orient façonnée par les occidentaux au XIXe siècle. Il introduit son propos en citant les sources qui lui ont permises de façonner sa pensée. Dans un premier chapitre l’auteur démontre que l’Orientalisme est apparu dans un contexte de colonialisme, l’Orient est donc naturellement perçue par les Occidentaux comme un subalterne. Dans un deuxième chapitre, l’auteur parle des institutions qui se sont développées en accord avec ce mouvement de pensée et notamment les études scientifiques qui en découlent. Dans le troisième et dernier chapitre du livre, Saïd montre comment ces idées marquent encore aujourd’hui le regard des Occidentaux sur l’Orient.
Après avoir relaté les différents propos généraux du texte, Harpigny émet plusieurs critiques: il indique notamment que Saïd a utilisé de nombreux textes de domaines variés mais que ceux-ci sont utilisés à bon escient pour appuyer sa thèse. “La seule condition que nous mettons à l’utilisation des ces textes est de les “laisser parler” , sans imposer au lecteur une interprétation trop orientée ou manifester une méconnaissance flagrante de la pensée envisagée “.

De plus, d’après Harpigny, il semble que pour Saïd dès que les européens parlent de l’orient ils présentent un comportement dominateur. Son propos serait alors trop engagé. Il l’encourage alors a faire un autre livre dans lequel il montrerait comment parler de l’orient sans le dominer.

Le second article est tiré de la revue Mots ,dite scientifique et interdisciplinaire son site internet la définie comme une revue “à la croisée des Sciences du langage, des Sciences du politique et des Sciences de l’information et de la communication.” Elle est appuyée par le CNRS et l’ENS de Lyon. On peut donc ici penser au premier abord, à une argumentation moins teintée d’opinion personnelle que celle d’un prêtre.
Cependant, il apparaît très difficile de trouver des informations sur l’auteur de ce compte-rendu. Sophie Fenouillet n’est indiquée que comme l’auteur de cet article précis, on ne peut donc pas attester de sa spécialisation dans le domaine étudié contrairement à Harpigny.
Elle reprend la structure du livre pour rédiger son compte-rendu comme Harpigny l’avait fait dans le sien. On retrouve donc les grandes lignes de la thèse avancée par Saïd évoquée précédemment. Elle appuie sur le fait que l’Occident s’est formé en miroir avec l’Orient, “son contraire complémentaire”.  A la suite de cela, Fenouillet critique aussi le livre en pointant le fait que l’auteur soulève des questions de politiques universelles mais n’apporte pas de réponse “il abandonne au lecteur le soin de les trouver!”. On trouve donc dans ce compte-rendu moins de critiques directes que l’on en avait vu dans celui de Guy Harpigny. Néanmoins si la revue Mots et la Revue Théologique de Louvain appartiennent à des domaines de pensée différents on retrouve cette critique commune du manque de réponse quand au problème soulevé par Saïd.
Dans l’édition de 1995 de L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident, Edward Saïd revient sur ces critiques et indique qu’il n’est pas pro-orient mais qu’il refuse une conception de celui-ci figée dans le temps. On peut donc y voir une réponse aux critiques de Guy Harpigny et Sophie Fenouillet.
Grâce à l’étude de ces deux articles nous pouvons nous assurer une bonne recherche documentaire sur le sujet. En effet, les deux auteurs résument les grands traits du livre et apportent tout deux leurs points de vues qui diffèrent quelque peu mais permettent au lecteur une analyse constructive. De manière générale, les articles publiés sur Persée garantissent un bon apport scientifique.

Adélaïde Chabannes

 Bibliographie :

Harpigny Guy. Edward Saïd, L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident. 1980. In: Revue théologique de Louvain, 12ᵉ année, fasc. 3, 1981. pp. 357-361.

http://bit.ly/1Tyw63K

Fenouillet Sophie. Edward Said, L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident. In: Mots, n°30, mars 1992. Images arabes en langue française , sous la direction de Lamria Chetouani et Maurice Tournier. pp. 117-121.

http://bit.ly/1U1nTnf

Saïd Edward. L’Orientalisme, lecture en ligne (en anglais)

 http://bit.ly/1Rwocla