Les Orientales, Victor Hugo 1829

Les Orientales est un recueil de poèmes écrit par Victor Hugo en 1828 et publié 1829. Il regroupe 41 poèmes marqués par l’attrait de La Grèce et l’Orient au XIXe siècle. Nombres d’auteurs ont parlé de l’Orient sans jamais y être allé, c’est le cas de Victor Hugo. Il rédige dans ces poésies une vision lumineuse et magique d’un lieu retransmise à l’écrit. On peut presque y voir une description de certains tableaux orientalistes.

Pour évoquer ce recueil nous nous appuierons sur différentes ressources, tout d’abord la page Wikipédia et un dossier pédagogique rédigé par Sylvain Leroy.

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La préface de l’ouvrage rédigée par Hugo indique que «  Les études orientales n’ont jamais été poussées si avant. Au siècle de Louis XIV on était helléniste, maintenant on est orientaliste. Jamais tant d’intelligences n’ont fouillé à la fois ce grand abîme de l’Asie.[…] Il résulte de tout cela que l’Orient, soit comme image, soit comme pensée, est devenu pour les intelligences autant que pour les imaginations une sorte de préoccupation générale à laquelle l’auteur de ce livre a obéi peut-être à son insu ». L’exotisme est une prétexte pour laisser parler son art. l’orient donne au poète une grande liberté des rythmes, des sons, des images… c’est une vision onirique dans laquelle Hugo peut se perdre et emmener son lecteur. D’artiste politiquement engagé on passe d’avantage à une idée de l’art pour l’art dans ces poèmes.

Néanmoins, dans certains poèmes on peut voir que Hugo dénonce des faits réels et politiques.
Le poème l’enfant par exemple,  Hugo cherche à y  montrer les ravages que les turcs ont infligés à la Grèce. Il évoque le souvenir d’une île grande et riche où l’on trouvait « de nombreux palais »,ce poème évoque le  désir de voir revenir le passé de cette île. « La ruine et la deuil » ont pris la place de la beauté flamboyante.
D’autres poèmes sont d’avantage une image d’un orient rêvé que l’on retrouve dans les tableaux de Delacroix, Chassériau, Ingres

La lune était sereine et jouait sur les flots. —
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? —
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… —
La lune était sereine et jouait sur les flots.

Clair de Lune, Victor Hugo, Les Orientales, 1829

Les différentes ressources utilisées ne permettent pas d’étudier le recueil en profondeur, ce sont des documents utiles afin de présenter l’ouvrage mais ce ne sont pas des ressources scientifiques.

Adélaïde Chabannes

Bibliographie :

https://www.pedagogie.ac-aix-marseille.fr/upload/docs/application/pdf/2013-06/orientales-leroy.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Orientales

VOYAGE EN ORIENT à La Bibliothèque Nationale de France

Voyage en Orient est une exposition qui a eu lieu en 2002 à paris. La Bibliothèque Nationale de France publie sur son site des dossiers regroupant des informations sur les expositions qu’elle présente. Ce sont des « expositions virtuelles ». Chaque section de l’exposition y est retracée avec un résumé et des fichiers iconographiques.

Cette exposition retrace le regard de l’occident sur l’orient au XIXe siècle, il y est expliqué la difficulté de tracer les limites géographiques de cet orient rêvé par les occidentaux. Si l’Egypte, la Palestine, la Turquie et la Syrie sont souvent les destinations phares de ces voyages initiatiques, il ne faut pas oublier la Grèce ou encore Chypre. Nous avons vus dans d’autres articles que l’Algérie ou encore le Maroc avaient été visitées par les peintres comme Delacroix. Cette exposition se penche donc sur les différents voyages en orient qui ont été entrepris au cours du XIXe, elle ne cherche pas vraiment à définir précisément les limites géographiques de ces voyages car ceux-ci sont davantage marqués par un désir d’évasion et de rêve. Comme Saïd l’explique dans son ouvrage L’orientalisme, l’orient créée par l’occident, ce sont ces voyages qui ont créé un imaginaire commun à propos de multiples pays pourtant tous différents.

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Cette exposition est essentiellement portée sur la photographie de ces voyages en orient. L’exposition virtuelle est divisée en différentes sections : un rêve occidental, l’orient des photographes, les photographes, l’orient des écrivains, itinéraires et feuilletoirs. Ces différents onglets sont tous divisés par la suite en plusieurs articles plus détaillés. On y trouve un grand nombre d’images légendées et que l’on peut agrandir. Cette exposition virtuelle est donc une ressource fiable car fournie par un site institutionnel, mais c’est aussi une ressource complète car elle multiplie les informations et les images.
Les différents textes des articles ont été rédigés par des professionnels. On ne trouve pas directement leur référence sur le site de cette exposition mais ils sont tous référencés sur internet. Par exemple, l’article « l’âge d’or » dans l’onglet « l’orient des photographes » a été écrit par Sylvie Aubenas, Google indique que c’est une bibliothécaire de la BNF ancienne élève de l’école des Chartes. Cet exemple nous montre que les articles sont fiables et de nature scientifique.

L’exposition démontre à l’aide des photographies d’origines et des articles que l’Orient a connu un grand succès au XIXe, ces voyages ce sont multipliés au cours du siècle et sont en fait le début du tourisme. Faire « le grand tour » de l’orient était très en vogue et ces pays ont connu un fort développement des infrastructures nécessaires à ce tourisme. L’ère industrielle venue d’Europe a donc directement touché l’orient car elle a rendu ces pays plus accessibles. La photographie a elle aussi fait partie de ce mouvement global. De nombreux photographes sont partis en orient avec leur matériel photographique pour en ramener des images instantanées. Tout comme les peintres, les photographes veulent rapporter la magie de ces terres nouvelles en Europe. La photographie connait alors deux tendances en orient : d’une part les photographes individuels et de l’autre, des photographies diffusées sur place, de grande échelle. Les guides se multiplient et les photographies renforcent l’aspect à la fois réel et enchanté de l’orient. Mais comment montrer l’orient en photographie alors que la peinture le fait déjà si bien ? Comme nous l’avons déjà vu, les peintres comme Delacroix, Chassériau ou encore Ingres ont fait circuler une image fantasmagorique de l’orient au public. Les photographies sont monochromes contrairement aux tableaux éclatants de couleurs, cependant ces photographies vont plaire car elles sont des souvenirs pour ceux qui voyagent. La photographie va aussi permettre de montrer un orient tout aussi beau mais d’avantage quotidien. Pour finir, l’exposition virtuelle s’intéresse aux écrivains, les récits écrits de voyage en Orient pour montrer de quelle façon les mots diffèrent de l’image tout en la renforçant.

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Zangaki, Epicier arabe, vers 1870, Papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion, 28.5x22cm, BNF

Ce mini-site ou « exposition virtuelle » faite par la Bibliothèque Nationale de France nous permet donc d’en apprendre d’avantage sur un sujet souvent délaissé par l’histoire de l’art. La photographie orientaliste est ici explorée et analysée à l’aide de textes scientifiques. Nous pouvons donc dire que c’est une ressource très intéressante pour notre sujet car elle est à la fois fiable et enrichissante.

Visiter l’exposition –> http://expositions.bnf.fr/veo/index.htm

Adélaïde Chabannes

Les médiums en Orientalisme

L’orientalisme, est un courant d’idées européennes, porté sur l’Orient. Comme nous l’avons vu dans d’autres articles du blog, l’orientalisme est très présent en peinture, chez de nombreux artistes européens. Mais il faut savoir que la peinture n’est pas le seul moyen d’expression pour ce courant. C’est un courant où se rejoignent tous les arts, les sciences et la politique. L’Orientalisme est également présent en architecture, en musique, en littérature (Article Edward Saïd, l’Orient crée par l’Occident), en photographie, mais influence également la mode vestimentaire et mobilière, il est même présent dans le cinéma ! C’est ce que nous allons voir à présent dans notre article.

Nous allons nous appuyer sur de nombreux articles numériques variés ainsi que sur des livres . Nous avons choisis un dossier pédagogique réalisé par le musée d’art et d’histoire du judaïsme sur Les Juifs dans l’Orientalisme (exposition qui étudie la question du juif représenté en Orient), qui se déroulait en 2012. Site intéressant car assez général sur l’ensemble de notre courant et qui parle de différents médiums. Deux livres (publiés dans leur intégralité) provenant du site GoogleBooks, un service en ligne fourni par Google, que nous avons trouvé par hasard en faisant des recherches générales sur les médiums artistiques. C’est à la fois un outil de recherche intra-texte, de consultation de livres en ligne ou sur appareil mobile, de constitution de collections personnelles, et de téléchargement d’ouvrages libres de droits. Mais aussi une librairie en ligne via la boutique GooglePlay. Il s’agit aujourd’hui du plus grand corpus textuel au monde. Nos deux articles porte sur un livre de Eduardo Dizy Caso, Les orientalistes de l’école espagnole, et Après l’orientalisme. L’Orient créé par l’Orient par François Pouillon et Jean-Claude Vatin, deux livres qui abordent la mode vestimentaire et le mobilier dans l’orientalisme. Un article intéressant sur l’Orientalisme en photographie provenant du site Les clés du Moyen-Orient, site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient qui semble fiable au vu de ses nombreuses ressources bibliographiques et des auteurs qualifiés (description pour chaque auteurs appartenant au site). Un autre article traitant de l’architecture orientale sur le site INHA (institut national d’histoire de l’art dont le site institutionnel regroupe des collections électroniques, actes de colloques et livres en ligne). Pour terminer nous mettrons en bas de l’article un lien permettant d’écouter de nombreuses musiques orientalistes, provenant du site France Musique.

Photographie

Avec l’invention de la photographie, de nombreux photographes, amateurs ou professionnels, voyagent en Orient massivement à partir des années 1850, et véhiculent une vision semblable à celle des peintres européens, afin de capter dans leur objectif les visions véhiculées par les peintres. La photographie orientaliste se distingue de la peinture orientaliste, car sa technique se doit d’enregistrer une nouvelle réalité, un morceau de réel de cet Orient qui fut longtemps fantasmé. La présence des photographes occidentaux en Orient s’intensifie, grâce à l’amélioration des procédés photographiques, qui deviennent plus rapides et moins encombrants à transporter. Parmi ces photographes, certains s’installent là-bas et y ouvrent des studios, afin d’exploiter jusqu’à la fin du XIXe siècle le succès commercial de l’Orientalisme. Ils photographient des scènes de genre, paysages ou encore des mises en scènes dîtes « pittoresques », sujets qui répondent parfaitement aux attentes du public occidental, mais qui ne répondent pas toutes à la réalité des choses vues et vécues dans cet Orient envahis…

Il ne faut pas oublier que les premières oeuvres photographiques se sont inscrites pendant plusieurs décennies dans le sillage de la peinture. On voit donc d’abord apparaître la photographie orientaliste à tendance romantique. Ce genre de photographies représentent souvent l’opposition de l’homme face à une nature immense et sublime, souvent en lien avec un certain goût pour les ruines, considérées comme les vestiges d’un passé regretté. Les premières photographies sont donc rarement remplies de présences humaines, afin de mettre en valeur la dimension achronique des sites orientaux.

Les œuvres de Bonfils (le studio photographique le plus prolifique du Moyen-Orient lui appartenait : « Photographie de Bonfils – Curiosités de tout l’Orient. »), dans les années 1870 présentent de simples vues du temple de Baalbek (Liban) ou des Pyramides de Gizeh (Egypte) :

Caire, Pyramides de GizehFélix BONFILS, Pyramides de Gizeh – Égypte, 1860-1885

Plus tard cette photographie devient véritablement orientaliste dans le sens d’exotisme qui s’inspire d’images des contes des Milles et Une Nuits, et qui s’éloignent des scènes de vie quotidienne. Beaucoup de photographes veulent faire des œuvres pittoresques, seulement nous nous rendons vite compte de la fausseté de certains clichés qui ne sont pas pris sur le vif comme les peintres semblent l’affirmer…

La photographie en studio utilise les accessoires orientaux : tapis, tentures, éventails, narguilés, sofas, armes. Nous pouvons le voir avec le photographe Pascal Sebah, et ses décors  exotiques mais artificiels, présentant des personnes en costumes traditionnels d’Orient :

Pascal Sebah - Public Scribe, ca 1870Pascal SEBAH, Public Scribe, v.1870

D’autres artistes comme Roger Fenton (photographe officiel de la Reine Victoria) possèdent un studio à Londres et photographient des bourgeois européens en costumes orientaux. L’orientalisme en photographie se veut être la reconstitution de l’Orient à travers les vêtements, les décors, l’architecture, c’est un véritable théâtre occidental mis en place au service de la photographie :

f8d9ee01-945b-4218-80b6-25948b092fd8Rogen FENTON, Pasha et Bédouin, Louvre Abu Dhabi

« La dualité qui va jusqu’à contaminer nos meubles et nos vêtements, le conflit entre le sofa-turc et le canapé européen, la veste traditionnelle et la chemise européenne, proviennent de notre malaise à choisir entre l’Orient islamique et l’Occident chrétien » L’Orient créé par l’Orient, François Pouillon et Jean-Claude Vatin.

505c9025eadd2d01c0ff0c125fb14aebOrient et Occident ne font plus qu’un à travers les représentations d’hommes en costumes traditionnels, meubles typiques et architectures orientales

Architecture

Au départ, les voyageurs venus en Orient, ne s’intéressent pas à l’architecture orientale. Lorsque des gravures de ces architectures complètent les ouvrages, elles offrent seulement des vues de villes générales ou d’édifices déformés, vues qui ne permettent pas aux Occidentaux de se faire une idée précise des monuments de là-bas. A partir du XVIIIe siècle, les descriptions et les représentations d’édifices orientaux se multiplient, en particulier mosquées et palais se trouvant à Constantinople et Ispahan, principales destinations des Occidentaux en Orient. Son connus aussi l’Alhambra de Grenade et la mosquée de Cordoue, les pavillons de la Zisa et de la Cuba à Palerme, et également l’architecture civile algérienne et l’architecture funéraire moghole:

Illustration Cornelius Le BRUYN, Voyage par la Moscovie, en Perse et aux Indes orientales, 1718, pl. 75-76: illustration de la ville Ispahan, place royale

IllustrationJean-Baptiste SEROUX D’AGINCOURT, Histoire de l’art par les monuments, 1801-1825, pl. 44 : État de l’architecture arabe en Europe depuis le VIIIe siècle jusqu’au XVe siècle.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les expéditions entraînent au fur et à mesure des architectes et des savants dans l’ensemble des pays musulmans. La connaissance de l’architecture orientale devient générale, bien que peu précise. Cela concerne essentiellement les Français et les Anglais, les deux puissances coloniales, dont les missions scientifiques participent à leur lutte d’influence réciproque En France, le Salon est le lieu dans lequel sont exposées les représentations d’architecture d’Orient par les peintres orientalistes, des modèles d’architectures orientaux apparaissent en Occident.

Les architectes s’inspirent de motifs célèbres de l’architecture mauresque : la mosquée de Cordoue et l’Alhambra. On retrouve des motifs distinctifs de cette architecture orientale : coupoles à nervures, minarets, assises de pierres alternées, décors de mosaïques de pierre etc. L’omniprésence de l’Alhambra et de la mosquée de Cordoue dans l’orientalisme est un phénomène purement européen.

L'Alhambra - GranadaL’Alhambra, Grenade, Espagne

Cinéma et Musique

Le cinéma apparaît comme le successeur de l’orientalisme au XXe siècle. En effet, les studios réalisent des reconstitutions gigantesques et grandioses qui prennent pour thème l’Orient rêvé par les Occidentaux. Nous pouvons parler ici du film Naissance d’une nation de 1915, de David W. Griffith, Cléopâtre de Cecil B. DeMille, datant de 1934. Les Dix Commandements, une fois de plus de Cecil B. DeMille en 1923, Lawrence d’Arabie de David Lean, 1962. Ben-Hur de William Wyler, réalisé en 1959, Salomé de J. Gordon Edwards, en 1918, et bien d’autres encore… Pour analyser plus en profondeur ce genre de films, nous mettons à votre dispositions des liens vers d’autres blogs qui traitent du cinéma et des Peplums en tout genre (Ben-Hur, Gladiateur etc.).

https://cinemaetmusique70.wordpress.com/

https://peplumblog.wordpress.com/

L’Orientalisme est également présent en musique, pour cela nous vous laissons prendre plaisir à écouter une émission radio de France Musique : L’Orientalisme dans la musique française. Debussy, la Grèce antique et l’extrême-Orient.

http://www.francemusique.fr/emission/notes-du-traducteur/2014-2016/l-orientalisme-dans-la-musique-francaise-debussy-la-grece-antique-et-l-extreme-orient-01

M.G

Bibliographie :

Lorraine Decléty, « Pratique et connaissance : les chemins divergents de l’orientalisme scientifique et de l’orientalisme artistique en France et en Allemagne », in Nabila Oulebsir et Mercedes Volait (dir.), L’Orientalisme architectural entre imaginaires et savoirs, Paris, Picard (« Collection D’une rive l’autre »), 2009, [En ligne], mis en ligne le 25 mars 2014, consulté le 27 mars 2016. URL : http://inha.revues.org/4920

http://www.mahj.org/documents/Juifs-dans-l-orientalisme-dossier-pedagogique.pdf

[Consulté le 27/03/16]

http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-orientalisme-en-photographie.html

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=xnAJGlUJbyEC&pg=PA268&lpg=PA268&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=xYRfD6JT0i&sig=PeQw7S5W58foozmn6u6zzkXDWbY&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=gzEYBgAAQBAJ&pg=PA305&lpg=PA305&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=lpRVEZt47z&sig=nmFDDafDmki17vhYI9MDzw0Um2I&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]

Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix

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« Les petits secrets des grands tableaux » est une émission diffusée sur Arte et qui traite des tableaux les plus reconnus. Arte est une chaîne de télévision d’origine franco-allemande qui diffuse des émissions culturelles. Nous allons parler de l’émission réalisée par Carlos Franklin, à propos des Femmes d’Alger dans leur appartement, tableau d’Eugène Delacroix, daté de 1834. Nous allons traiter de ce sujet puisque l’émission s’est trouvée en libre d’accès sur internet durant un temps après sa diffusion à la télévision le 20 Décembre 2015.  Pour nous aider dans l’analyse de cette ressource numérique, nous allons également en utiliser une autre qui est le site CAIRN, une revue de sciences humaines et sociale à laquelle nous avons libre accès sur internet. Sur ce site, nous trouvons un article intitulé « Delacroix et les ‘Neos’ : pour le vrai contre le faux » écrit par Marie-Claude Genet-Delacroix qui nous parle du peintre français Eugène Delacroix. Nous allons particulièrement nous intéresser aux paragraphes qui nous parlent de son voyage en Orient.

« Les petits secrets des grands tableaux : Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix, 1834 » est une émission qui a été diffusée le 20 Décembre 2015 à 12h55 sur Arte. Elle s’est trouvée en visionnage libre sur le site d’Arte jusqu’au mois de Février. Cette émission a une durée de 26 minutes et se centre sur un tableau qui a été un tournant dans l’Orientalisme : Femmes d’Alger dans leur appartement. L’Emission commence par nous parler de l’admiration et la passion que ressent Delacroix pour l’Orient ce qui le mène à se lancer dans l’apprentissage de l’arabe. Ce goût pour l’Orient est éveillé tout d’abord par le poète britannique Lord Byron, engagé dans la lutte contre les turcs et mort durant un siège en 1824 en Grèce. Sa mort va bouleverser Delacroix qui va être poussé à représenter cette fureur dans ses œuvres La Mort de Sardanapale et Le Massacre de Scio. La deuxième personne qui éveille son goût pour l’Orient et pour sa curiosité pour le monde et ses populations est le grand écrivain Voltaire.

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Cette émission nous offre une description assez juste du tableau qu’il peint. En effet, on nous parle de « trois femmes dans un intérieur », avec une « nonchalance » caractéristique, les « bras dénudés » et une certaine « sensualité » dans leur corps. Ceci sert à poser la problématique sur laquelle va se baser l’émission : ces femmes semblent cacher quelque chose et c’est ce quelque chose qui va choquer le public de l’époque du peintre.

En effet, comme nous l’avons mentionné dans l’article Les thèmes dans l’Orientalisme, avant Delacroix, l’Orient n’était qu’un lieu irréel, qu’un fantasme pour les peintres et c’est ce fantasme qu’ils donnaient à voir dans leurs œuvres. Néanmoins, en 1832, Delacroix entreprend un voyage au Maroc avec l’ambassade du Comte de Mornay, qui le mène, selon l’article de Marie-Claude Genet-Delacroix à « la découverte d’un ‘peuple étrange’ qui lui rappelle les Anciens et d’une lumière crue qui l’amène à repenser les couleurs », ceci, poursuit-elle, va constituer « la source d’un inépuisable renouvellement de sa technique, qu’il mettra au service de la peinture d’histoire ». Son arrivée à Tanger change complètement sa vision du monde. En effet, comme nous l’avons déjà dit, il croit retrouver l’Antiquité dans le monde qu’il découvre. Celui-ci lui fait vivre en chair et en os cette Antiquité puisqu’il dira « Les Grecs et les Romains sont là à ma porte ! J’ai bien ri des Grecs de David, à part bien entendu sa sublime brosse. Je les connais à présent, les marbres sont la vérité même, mais il faut savoir lire et nos pauvres modernes n’y ont vu que des hiéroglyphes […]. Rome n’est plus dans Rome ».  L’Emission d’Arte nous dit que sa surprise et sa joie sont grandes  et qu’il dira même : « Je suis tout étourdi de ce que j’ai vu. Nous avons débarqué au milieu d’un peuple étrange ». Par ailleurs, l’article de Marie-Claude Genet-Delacroix nous indique que dans sa correspondance il dira  « Je suis en ce moment comme un homme qui rêve et qui voit des choses qu’il craint de voir lui échapper ». Ce voyage en Orient, selon ce documentaire est dû à une mission diplomatique auprès du sultan du Maroc ce qui emmène Delacroix à embarquer pour Tanger. Deux raisons le mènent à ce voyage : tout d’abord sa curiosité, son envie d’éloignement et puis le fait qu’il adhère à la présence française en Alger en tant que source de « civilisation » et de libération d’Alger du peuple turc.

L’émission va donc nous inviter à une redécouverte des Femmes d’Alger dans leur appartement.  Le public de l’époque avait pour habitude de voir représenter des odalisques, définies comme les « bonnes pour la chambre » et il se retrouve là devant une image qui le choque puisqu’elle est différente à tout ce qu’il connait. Dans un premier temps, nous avons une redéfinition du « beau ».  En effet, on nous parle de femmes qui portent toutes un corsage échancré tombant sur un pantalon court que nous appelons sarouel. Cette tenue laisse voir les mollets des femmes. Les femmes portent également un voile de soie qui indique qu’elles sont mariées, elles portent également des bijoux et des fleurs. La posture qu’elle adopte est, selon l’émission d’un « naturalisme cru et indécent » qui va jusqu’à la représentation de la servante. Cette servante est noire, elle se trouve à droite du tableau et s’apprête à sortir. Cette femme noire va à l’encontre du « beau académique ». Rentrer dans ce sujet permet à Delacroix de développer son intérêt pour la traite des noirs et pour la couleur en tant que peintre romantique. Cette visite en Orient va ouvrir devant Delacroix un monde de féminité. Ces trois femmes sont trois sœurs qui se vêtissent pour recevoir l’étranger. Il dira de cette vue qui se présente à lui que c’est « beau comme au temps d’Homère », pour lui chacune de ces femmes « est la femme comme je la comprends ». Nous voyons un véritable engouement pour ces femmes. Il va, en effet, en faire plusieurs croquis reprenant leurs poses, le décor, leurs vêtements, leur nudité et ira même jusqu’à reproduire la scène dans son atelier en demandant aux modèles de reprendre les poses de ces femmes. Ce voyage sert à Delacroix pour voler cette réalité de l’Orient. Il sait maintenant ce qu’est le vrai Orient et apporte tous les objets qu’il a pu y voir dans sa mémoire et utilise dans ses compositions des motifs qui lui sont familiers comme des coussins, tentures, babouches et les pieds nus.

Dans un deuxième temps, nous pouvons voir que dans Femmes d’Alger dans leur appartement il ne va pas représenter la scène pour provoquer des passions, il veut simplement montrer une vie paisible qui se déroule dans un intérieur somptueux. Le harem qu’Ingres représentait va se transformer avec Delacroix en un harem « calme et délicieux ».  Avec Delacroix, les stéréotypes de l’Orient vont être dépassés, car selon l’article de CAIRN « À l’Orient fictionnel et faux des œuvres d’Ingres, qu’il critique durement dans ses écrits, Delacroix oppose, dans ses œuvres, une représentation réaliste et vraie de son étrangeté et de son mystère. » Dans ce tableau, le spectateur est placé en tant que voyeur puis que Delacroix part à la recherche de la véracité, du « vrai idéal » qui consiste en dépeindre une expérience vécue et donc représenter des vêtements et accessoires authentiques qui ne vont plus se contenter de représenter « un miroir de l’Orient ».

Pour finir, l’émission nous parle d’un second tableau réalisé par Delacroix dans une version plus petite. Les femmes sont cette fois représentées plus en retrait, plus silencieuses et dans une atmosphère plus sombre. Il n’y a plus de lien avec le spectateur, l’orientalisme est dans ce tableau « plus conventionnel ». Nous avons donc vu qu’à travers Femmes d’Alger dans son appartement Delacroix nous montre une peinture qui se place entre imaginaire et réelle, entre l’observation de la vie et l’impulsion de l’âme.

P. M & M.G.

Bibliographie :

Site Arte « Les petits secrets des grands tableaux : Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix, 1834 » :

http://www.arte.tv/guide/fr/051648-009-A/les-petits-secrets-des-grands-tableaux/?vid=051648-009-A_SHOW_ARTEPLUS7_FR_fr

Site CAIRN, article de Marie-Claude Genet-Delacroix « Delacroix et les ‘Neos’ : pour le vrai contre le faux » :

http://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2005-2-page-225.htm

Edward Said, l’Orientalisme

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L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident

Cet article traitera du livre fondateur du concept de l’Orientalisme. Écrit par Edward Saïd en 1980, L’Orientalisme, l’Orient crée par l’Occident développe la thèse de l’auteur selon laquelle l’image de l’Orient aux yeux des européens est une conception crée de toute pièce par les européens eux-mêmes. L’auteur est le père fondateur des études postcoloniales, il s’intéresse ainsi aux nombreux textes, récits de voyages, et écrits politiques du XIXe et XXe siècle.

Afin d’étudier ce texte nous utiliserons deux comptes rendus publiés sur Persée. Persée est une plate forme libre d’accès qui regroupe des textes et articles tirés de revues et d’ouvrages scientifiques français. Ce site est constamment remis à jour et les ressources que l’on y trouve sont rédigées par des spécialistes du sujet recherché.
Le premier compte-rendu étudié est paru en 1980 dans la Revue Théologique de Louvain. Cette revue est publiée par l’université catholique de Louvain et regroupe les textes de recherches des professeurs.

L’auteur de ce texte, Guy Harpigny, est un prêtre belge, diplômé d’arabe et  Docteur en Théologie de cette même université de Louvain.
Harpigny fait un résumé du texte en reprenant l’ordre et le plan du livre.

Saïd explique ainsi que l’Orientalisme est une idée de l’Orient façonnée par les occidentaux au XIXe siècle. Il introduit son propos en citant les sources qui lui ont permises de façonner sa pensée. Dans un premier chapitre l’auteur démontre que l’Orientalisme est apparu dans un contexte de colonialisme, l’Orient est donc naturellement perçue par les Occidentaux comme un subalterne. Dans un deuxième chapitre, l’auteur parle des institutions qui se sont développées en accord avec ce mouvement de pensée et notamment les études scientifiques qui en découlent. Dans le troisième et dernier chapitre du livre, Saïd montre comment ces idées marquent encore aujourd’hui le regard des Occidentaux sur l’Orient.
Après avoir relaté les différents propos généraux du texte, Harpigny émet plusieurs critiques: il indique notamment que Saïd a utilisé de nombreux textes de domaines variés mais que ceux-ci sont utilisés à bon escient pour appuyer sa thèse. “La seule condition que nous mettons à l’utilisation des ces textes est de les “laisser parler” , sans imposer au lecteur une interprétation trop orientée ou manifester une méconnaissance flagrante de la pensée envisagée “.

De plus, d’après Harpigny, il semble que pour Saïd dès que les européens parlent de l’orient ils présentent un comportement dominateur. Son propos serait alors trop engagé. Il l’encourage alors a faire un autre livre dans lequel il montrerait comment parler de l’orient sans le dominer.

Le second article est tiré de la revue Mots ,dite scientifique et interdisciplinaire son site internet la définie comme une revue “à la croisée des Sciences du langage, des Sciences du politique et des Sciences de l’information et de la communication.” Elle est appuyée par le CNRS et l’ENS de Lyon. On peut donc ici penser au premier abord, à une argumentation moins teintée d’opinion personnelle que celle d’un prêtre.
Cependant, il apparaît très difficile de trouver des informations sur l’auteur de ce compte-rendu. Sophie Fenouillet n’est indiquée que comme l’auteur de cet article précis, on ne peut donc pas attester de sa spécialisation dans le domaine étudié contrairement à Harpigny.
Elle reprend la structure du livre pour rédiger son compte-rendu comme Harpigny l’avait fait dans le sien. On retrouve donc les grandes lignes de la thèse avancée par Saïd évoquée précédemment. Elle appuie sur le fait que l’Occident s’est formé en miroir avec l’Orient, “son contraire complémentaire”.  A la suite de cela, Fenouillet critique aussi le livre en pointant le fait que l’auteur soulève des questions de politiques universelles mais n’apporte pas de réponse “il abandonne au lecteur le soin de les trouver!”. On trouve donc dans ce compte-rendu moins de critiques directes que l’on en avait vu dans celui de Guy Harpigny. Néanmoins si la revue Mots et la Revue Théologique de Louvain appartiennent à des domaines de pensée différents on retrouve cette critique commune du manque de réponse quand au problème soulevé par Saïd.
Dans l’édition de 1995 de L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident, Edward Saïd revient sur ces critiques et indique qu’il n’est pas pro-orient mais qu’il refuse une conception de celui-ci figée dans le temps. On peut donc y voir une réponse aux critiques de Guy Harpigny et Sophie Fenouillet.
Grâce à l’étude de ces deux articles nous pouvons nous assurer une bonne recherche documentaire sur le sujet. En effet, les deux auteurs résument les grands traits du livre et apportent tout deux leurs points de vues qui diffèrent quelque peu mais permettent au lecteur une analyse constructive. De manière générale, les articles publiés sur Persée garantissent un bon apport scientifique.

Adélaïde Chabannes

 Bibliographie :

Harpigny Guy. Edward Saïd, L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident. 1980. In: Revue théologique de Louvain, 12ᵉ année, fasc. 3, 1981. pp. 357-361.

http://bit.ly/1Tyw63K

Fenouillet Sophie. Edward Said, L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident. In: Mots, n°30, mars 1992. Images arabes en langue française , sous la direction de Lamria Chetouani et Maurice Tournier. pp. 117-121.

http://bit.ly/1U1nTnf

Saïd Edward. L’Orientalisme, lecture en ligne (en anglais)

 http://bit.ly/1Rwocla