L’Orientalisme à travers les musées

A travers la question de l’orientalisme, nous avons tenté d’expliquer quel était ce courant, son apparition, son apogée, son influence dans le monde, son contexte historique, géographique, culturel, artistique, littéraire… Nous avons parlé de différents artistes (Ingres, Delacroix, Fromentin etc.), des médiums et des thèmes en orientalisme. Mais à présent, il est intéressant de voir comment cette question de l’orientalisme est traitée à travers des institutions muséales et des sites internets de différents musées, que ce soit expositions temporaires ou permanentes, sur l’orientalisme de manière générale ou sur un axe particulier (artiste, période, pays), ou même simple description globale de ce sujet large. C’est à travers la vision que nous renvoi les sites institutionnels libre d’accès des musées, que nous verrons si l’Orientalisme est un courant artistique populaire approfondit, qui permet à un large public de découvrir ce mouvement artistique, ou si ce n’est qu’un simple sujet démodé auquel personne ne semble s’intéresser de nos jours. Pour cela, nous allons étudier six sites internet de différents musées en lien avec l’Orientalisme, que nous allons étudier, critiquer et comparer entre eux.

Le premier est le site du Musée du Louvre, se trouvant à Paris, nous étudierons au niveau de sa base de recherche sur l’Orientalisme et la formation L’orientalisme ou l’art du voyage, qu’il propose face à ce sujet :

Musée Louvre, Paris(Capture d’écran) Site du Louvre

Le deuxième est un communiqué du Presse réalisé par le site du musée le Grand Palais, se trouvant à Paris, sur une exposition temporaire L’Orientalisme en Europe : de Delacroix à Matisse, qui s’est déroulée du 28 mai au 28 août 2011 :

Communiqué de presse, musée Grand Palais, Paris(Capture d’écran) Communiqué de presse du musée Grand-Palais

Le troisième est un PDF (Portable Document Format) du musée Fabre à Montpellier sur l’Orientalisme :

PDF Musée Fabre Montpellier(Capture d’écran) PDF du site du Musée Fabre

Le quatrième est un dossier pédagogique du musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris, sur une exposition temporaire Les Juifs dans l’Orientalisme qui s’est déroulée du 7 mars au 8 juillet 2012 :

Dossier pédagogique Musée d'art et d'histoire du Judaisme, Paris(Capture d’écran) Dossier pédagogique du musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Le cinquième est également un dossier pédagogique réalisé par le Musée des Beaux-arts à Bordeaux, sur Orientalismes et les collections du musée du 26 avril au 23 juin 2014 :

Dossier pédagogique du musée des Beaux-arts Bordeaux(Capture d’écran)  Dossier pédagogique du musée des Beaux-arts de Bordeaux

Le sixième nous sommes sur le site du Musée des Beaux-arts de Montréal qui nous présente une exposition temporaire qui a eu lieu l’année dernière du 31 janvier au 31 mai 2015 sur Merveilles et Mirages de l’Orientalisme :

Musée des Beaux-Art Montréal(Capture d’écran) Site du musée des Beaux-arts de  Montréal

Le musée du Louvre se trouvant à Paris est un des plus célèbres musées mondial. Nous pourrions nous attendre ici à une description détaillée de l’Orientalisme où bien à une importante collection d’oeuvres dîtes orientalistes :

Recherche - Musée du Louvre Paris(Capture d’écran) Recherche « orientalisme » sur le site du Louvre

Malheureusement il n’en est rien ici. Il ne faut pas oublier que c’est un musée très grand de par sa taille et de par sa renommée, qui accueille tous les ans de nombreuses œuvres et propose des expositions temporaires variées. Nous pouvons donc comprendre ici, que le Louvre ne peut pas rendre compte de chaque mouvement artistique dont l’Orientalisme bien que ce soit selon notre avis, un mouvement majeur. Nous aurions cependant bien aimé qu’il propose ne serait-ce qu’une courte description de courant. Lorsque nous tapons dans sa base recherche « orientalisme » (ci-dessus capture d’image), nous trouvons 316 résultats d’œuvres (la majorité étant des oeuvres peintes) qui ne sont pas forcément classés (selon auteur, date, titre ou médium spécifique), ce sont des recherches que nous pouvons filtrer (proposition de filtrer par sous-rubriques pour axer davantage la recherche). L’organisation de navigation est simple et le visuel assez clair pour voir l’ensemble des résultats lié au recherches voulues. Le Louvre a eu cependant l’idée appréciable de proposer une formation sur la question de L’orientalisme ou l’art du voyage, afin d’enrichir nos connaissances en histoire de l’art autour de plusieurs problématiques : Qu’est-ce que l’orientalisme ? Comment l’orientalisme, entre rêve et réalité, inspire les artistes du XIXe siècle ? Quelle importance revêtent  les voyages et les conquêtes coloniales sur le travail des artistes au XIXe siècle ? Il propose une visite des collections du musée et de découvrir des artistes fondamentaux de l’Orientalisme tels que Delacroix (La mort de Sardanapale), Ingres (Le Bain Turc), Chassériau, en confrontant leurs œuvres. Cette formation est dirigée par Véronique Dalmasso, ayant le DESS en Histoire de l’Art, et enseignante à l’U.F.R des Arts de l’Université de Picardie- Jules Verne.

Bien que le Louvre ait pris la démarche de proposer une formation autour de l’Orientalisme, son site internet ne donne pas d’informations véritablement intéressante sur notre sujet. Nous pouvons comparer le site du Louvre au PDF du musée Fabre sur l’Orientalisme. La différence entre un site de musée et un PDF réalisé par un musée, est que nous pouvons avoir accès plus facilement à un site et à l’ensemble des informations liées au musée. Le PDF est déjà un document plus précis qui parle d’un sujet en particulier en lien avec ce que propose le musée et son site. Du point de vue du diffuseur, le site permet de regrouper tout un ensemble de manière synthétisé, le PDF lui permet de s’exprimer sur un sujet et de le développer, pour l’internaute s’il veut davantage se renseigner sur un sujet, le PDF  via le site du musée, peut lui être une source d’information intéressante. En effet nous pouvons apprécier l’effort du musée à faire un PDF autour de l’Orientalisme, cependant nous pouvons le critiquer sur différents points. Tout d’abord ce document s’intéresse au contexte historique du courant, de l’Antiquité jusqu’à nos jours mais avec chronologie désordonnée (parle d’abord du XIXe siècle puis de l’Antiquité, ce qui peut désorienter le lecteur qui veut connaitre ce mouvement). Ce document fait référence à quelques œuvres et artistes sans toutefois faire un véritable lien entre eux et les évènements orientalistes. De plus, nous avons peu d’informations sur l’Orientalisme dans le musée Fabre : a-t-il des collections d’oeuvres orientalistes ? Y a-t-il ou a-t-il eu lieu des expositions sur l’Orientalisme ? Par qui ce PDF est-il rédigé (experts en histoire de l’art, personne qui travaille au musée, simple rédacteur) ? Ce PDF permet cependant de découvrir des notions importantes du courant orientaliste (chronologie, pluralité d’artistes, liens entre différents courants) et propose en image quelques œuvres légendées, ainsi qu’une bibliographie quoique courte :

Musée Fabre - PDF(Capture d’écran) Bibliographie et image d’oeuvre légendée

Le site du Musée des Beaux-arts de Montréal présente une exposition temporaire sur Merveilles et Mirages de l’Orientalisme, sujet intéressant et précis qui peut nous intéresser pour découvrir sous d’autres angles l’Orientalisme. Nous avons des renseignement sur le commissariat de cette exposition qui est assuré par Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, et par Axel Hémery, directeur du Musée des Augustins, Toulouse, avec l’aide du commissaire associé Samuel Montiège, docteur en histoire de l’art de l’Université de Montréal. Le site est clair avec des article bien rédigés, il met à notre disposition plusieurs textes, vidéos ainsi que de nombreuses images légendées de bonnes qualités :

Musée Beaux-Arts Montréal - Exposition temporaire(Capture d’écran) Oeuvres de l’exposition temporaire Merveilles et Mirages de l’Orientalisme

Cette page du site du musée, présente donc le parcours de l’exposition, le contexte historique (article Le Salon, l’Orient dans l’histoire), il y a des citations tout au long de la page (« C’est trop beau pour moi seul. Il y a des tableaux partout. Ce n’est pas une ville, c’est un musée » Benjamin Constant à propos de la ville de Tanger). Il nous fait découvrir aussi le contexte géographique (L’Alhambra, antichambre de l’Orient, Tanger, les séductions de la « ville blanche »). mais aussi le contexte politique qu’il met en relation avec certains artistes, ce qui est très intéressant (Diplomatie coloniale au Maroc. Delacroix vs Benjamin-Constant). Le site permet également de découvrir des artistes actuels (Artistes marocaines actuelles à découvrir). Nous pouvons peut-être ici critiquer cette page sur un manque d’informations concernant la rédaction (qui sont les rédacteurs des articles ?), et l’absence de bibliographie mais nous savons que cette exposition était dirigée par des personnes compétentes dans le domaine artistique et muséal.

Nous pouvons à présent parler du communiqué de presse du Grand Palais à Paris sur L’Orientalisme en Europe : de Delacroix à Matisse, et du dossier pédagogique de l’exposition permanente les Juifs dans l’Orientalisme au musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris également (deux documents plus précis que de simples informations diffusées directement sur des sites muséaux) . Tout d’abord nous sommes intéressés ici par le fait que ce sont deux musées différents se trouvant à Paris qui ont décidé d’organiser une exposition temporaire sur un sujet particulier dans le contexte de l’Orientalisme. Ce sont deux sujets vastes et intéressants à découvrir ici, sujets que l’on retrouve dans deux documents différents mais très complets sur deux expositions temporaires qui ont eu lieu.

Le dossier pédagogique commence par expliquer avec brièveté mais efficacité ce qu’est l’Orientalisme puis s’intéresse à la question du Juifs dans l’Orientalisme, il nous propose même un chapitre pour aller plus loin dans cette notion du Juif oriental, ainsi que des pistes pédagogique pour l’enseignement en histoire de l’art au niveau du primaire et du secondaire. Il affiche une bibliographie importante vers la fin de la page et un sommaire réfléchit en début de page. Bien que l’Orientalisme soit un sujet large et parfois difficile à comprendre, ce document pédagogique permet de traiter de l’orientalisme de manière général et de nous apprendre de nouvelles choses à travers le Juif oriental. Il fait le liens entre de nombreux artistes et des personnages importants, qui ont participé plus ou moins au courant orientaliste (nous avons mêmes des fiches détaillées pour certains), nous pouvons y voir plusieurs images d’oeuvres légendées, mais aussi de nombreux liens entre différents axes de l’orientalisme (géographique, historique, culturel etc.).

Sommaire - Musée art et histoire du Judaïsme, Paris(Capture d’écran) Sommaire de l’exposition temporaire les Juifs dans l’Orientalisme

Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, le Juif dans l'orientalisme(Capture d’écran) Image d’oeuvre légendée et fiches détaillées de personnages importants dans l’Orientalisme

Le communiqué de presse du Grand Palais est moins fournit que celui du musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Il est intéressant sur le fait que lui aussi s’intéresse à un axe particulier dans l’Orientalisme, à travers la figure de Delacroix jusqu’à Matisse dans une aire géographique précise (l’Europe). Nous avons une liste de plusieurs œuvres orientalistes, légendées, mises à notre disposition. Et, le communiqué de presse est rédigé en plusieurs langues (français, anglais, italien) et permet donc à davantage de visiteurs et de lecteurs de découvrir cette exposition temporaire et de manière plus générale l’Orientalisme.

Musée Grand-Palais, Exposition temporaire

(Capture d’écran) Images d’oeuvres légendées de l’exposition temporaire L’Orientalisme en Europe : de Delacroix à Matisse

Le dernier site muséal que nous étudions ici est sur le dossier pédagogique du musée des Beaux-Arts de Bordeaux sur Orientalismes et collections du musée. Ce dossier est intéressant dans le sens où il propose des repères chronologique et traite du sujet de manière large mais de manière chronologique. Nous regrettons l’absence de sommaire pour mieux se repérer mais le dossier nous renseigne sur son rédacteur, Jean-Luc Destruhaut, enseignant en service à mi-temps au musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Nous avons également à notre disposition la bibliographie et la sitographie utilisée pour la rédaction du dossier pédagogique. Cependant, bien que le dossier explique l’Orientalisme de manière large, nous avons plus l’impression ici d’un simple catalogage des œuvres et collections du musées, mises plus ou moins en rapport avec les évènements orientalistes. De plus le dossier nous apparaît assez désorganisé voir brouillon avec un afflux d’images, de changement de taille et de couleur de police qui peuvent nous désorienté facilement, nous lecteurs qui désirons avoir une lecture simplifiée du sujet.

A travers ces différents sites de musées (que ce soit dossier pédagogique rédigé par l’équipe du musée, recherche sur le site du musée, ou articles publiés sur le site du musée), nous avons pu voir que chacun traitait différemment du sujet (définition de ce qu’est l’Orientalisme, sujet particulier, exposition temporaire, description de collection d’oeuvres orientalistes). Cependant, nous pouvons à présent dire que l’Orientalisme est véritable un courant majeur en histoire de l’art, car présent dans de nombreux musées, qui intéresse soit de manière générale, soit de manière plus axée sur tel ou tel sujet orientaliste. Sa présence dans des musées mais aussi sur internet permet à un large public de découvrir ce courant.

M.G

Bibliographie :

https://www.mbam.qc.ca/expositions/passees/merveilles-et-mirages-de-lorientalisme/

[Consulté le 30/03/16]

http://www.musba-bordeaux.fr/sites/musba-bordeaux.fr/files/images/article/orientalismes_-_dossier_pedagogique.pdf

[Consulté le 30/03/16]

http://www.mahj.org/documents/Juifs-dans-l-orientalisme-dossier-pedagogique.pdf

[Consulté le 30/03/16]

http://museefabre.montpellier3m.fr/pdf.php/?filePath=var/storage/original/application/f96083a31b923e29ba784d2e165b9f6b

[Consulté le 30/03/16]

http://www.louvre.fr/formations/l-orientalisme-ou-l-art-du-voyage

[Consulté le 30/03/16]

http://www.grandpalais.fr/fr/system/files/field_press_file/dp_orientalisme.pdf

[Consulté le 30/03/16]

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Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix

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« Les petits secrets des grands tableaux » est une émission diffusée sur Arte et qui traite des tableaux les plus reconnus. Arte est une chaîne de télévision d’origine franco-allemande qui diffuse des émissions culturelles. Nous allons parler de l’émission réalisée par Carlos Franklin, à propos des Femmes d’Alger dans leur appartement, tableau d’Eugène Delacroix, daté de 1834. Nous allons traiter de ce sujet puisque l’émission s’est trouvée en libre d’accès sur internet durant un temps après sa diffusion à la télévision le 20 Décembre 2015.  Pour nous aider dans l’analyse de cette ressource numérique, nous allons également en utiliser une autre qui est le site CAIRN, une revue de sciences humaines et sociale à laquelle nous avons libre accès sur internet. Sur ce site, nous trouvons un article intitulé « Delacroix et les ‘Neos’ : pour le vrai contre le faux » écrit par Marie-Claude Genet-Delacroix qui nous parle du peintre français Eugène Delacroix. Nous allons particulièrement nous intéresser aux paragraphes qui nous parlent de son voyage en Orient.

« Les petits secrets des grands tableaux : Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix, 1834 » est une émission qui a été diffusée le 20 Décembre 2015 à 12h55 sur Arte. Elle s’est trouvée en visionnage libre sur le site d’Arte jusqu’au mois de Février. Cette émission a une durée de 26 minutes et se centre sur un tableau qui a été un tournant dans l’Orientalisme : Femmes d’Alger dans leur appartement. L’Emission commence par nous parler de l’admiration et la passion que ressent Delacroix pour l’Orient ce qui le mène à se lancer dans l’apprentissage de l’arabe. Ce goût pour l’Orient est éveillé tout d’abord par le poète britannique Lord Byron, engagé dans la lutte contre les turcs et mort durant un siège en 1824 en Grèce. Sa mort va bouleverser Delacroix qui va être poussé à représenter cette fureur dans ses œuvres La Mort de Sardanapale et Le Massacre de Scio. La deuxième personne qui éveille son goût pour l’Orient et pour sa curiosité pour le monde et ses populations est le grand écrivain Voltaire.

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Cette émission nous offre une description assez juste du tableau qu’il peint. En effet, on nous parle de « trois femmes dans un intérieur », avec une « nonchalance » caractéristique, les « bras dénudés » et une certaine « sensualité » dans leur corps. Ceci sert à poser la problématique sur laquelle va se baser l’émission : ces femmes semblent cacher quelque chose et c’est ce quelque chose qui va choquer le public de l’époque du peintre.

En effet, comme nous l’avons mentionné dans l’article Les thèmes dans l’Orientalisme, avant Delacroix, l’Orient n’était qu’un lieu irréel, qu’un fantasme pour les peintres et c’est ce fantasme qu’ils donnaient à voir dans leurs œuvres. Néanmoins, en 1832, Delacroix entreprend un voyage au Maroc avec l’ambassade du Comte de Mornay, qui le mène, selon l’article de Marie-Claude Genet-Delacroix à « la découverte d’un ‘peuple étrange’ qui lui rappelle les Anciens et d’une lumière crue qui l’amène à repenser les couleurs », ceci, poursuit-elle, va constituer « la source d’un inépuisable renouvellement de sa technique, qu’il mettra au service de la peinture d’histoire ». Son arrivée à Tanger change complètement sa vision du monde. En effet, comme nous l’avons déjà dit, il croit retrouver l’Antiquité dans le monde qu’il découvre. Celui-ci lui fait vivre en chair et en os cette Antiquité puisqu’il dira « Les Grecs et les Romains sont là à ma porte ! J’ai bien ri des Grecs de David, à part bien entendu sa sublime brosse. Je les connais à présent, les marbres sont la vérité même, mais il faut savoir lire et nos pauvres modernes n’y ont vu que des hiéroglyphes […]. Rome n’est plus dans Rome ».  L’Emission d’Arte nous dit que sa surprise et sa joie sont grandes  et qu’il dira même : « Je suis tout étourdi de ce que j’ai vu. Nous avons débarqué au milieu d’un peuple étrange ». Par ailleurs, l’article de Marie-Claude Genet-Delacroix nous indique que dans sa correspondance il dira  « Je suis en ce moment comme un homme qui rêve et qui voit des choses qu’il craint de voir lui échapper ». Ce voyage en Orient, selon ce documentaire est dû à une mission diplomatique auprès du sultan du Maroc ce qui emmène Delacroix à embarquer pour Tanger. Deux raisons le mènent à ce voyage : tout d’abord sa curiosité, son envie d’éloignement et puis le fait qu’il adhère à la présence française en Alger en tant que source de « civilisation » et de libération d’Alger du peuple turc.

L’émission va donc nous inviter à une redécouverte des Femmes d’Alger dans leur appartement.  Le public de l’époque avait pour habitude de voir représenter des odalisques, définies comme les « bonnes pour la chambre » et il se retrouve là devant une image qui le choque puisqu’elle est différente à tout ce qu’il connait. Dans un premier temps, nous avons une redéfinition du « beau ».  En effet, on nous parle de femmes qui portent toutes un corsage échancré tombant sur un pantalon court que nous appelons sarouel. Cette tenue laisse voir les mollets des femmes. Les femmes portent également un voile de soie qui indique qu’elles sont mariées, elles portent également des bijoux et des fleurs. La posture qu’elle adopte est, selon l’émission d’un « naturalisme cru et indécent » qui va jusqu’à la représentation de la servante. Cette servante est noire, elle se trouve à droite du tableau et s’apprête à sortir. Cette femme noire va à l’encontre du « beau académique ». Rentrer dans ce sujet permet à Delacroix de développer son intérêt pour la traite des noirs et pour la couleur en tant que peintre romantique. Cette visite en Orient va ouvrir devant Delacroix un monde de féminité. Ces trois femmes sont trois sœurs qui se vêtissent pour recevoir l’étranger. Il dira de cette vue qui se présente à lui que c’est « beau comme au temps d’Homère », pour lui chacune de ces femmes « est la femme comme je la comprends ». Nous voyons un véritable engouement pour ces femmes. Il va, en effet, en faire plusieurs croquis reprenant leurs poses, le décor, leurs vêtements, leur nudité et ira même jusqu’à reproduire la scène dans son atelier en demandant aux modèles de reprendre les poses de ces femmes. Ce voyage sert à Delacroix pour voler cette réalité de l’Orient. Il sait maintenant ce qu’est le vrai Orient et apporte tous les objets qu’il a pu y voir dans sa mémoire et utilise dans ses compositions des motifs qui lui sont familiers comme des coussins, tentures, babouches et les pieds nus.

Dans un deuxième temps, nous pouvons voir que dans Femmes d’Alger dans leur appartement il ne va pas représenter la scène pour provoquer des passions, il veut simplement montrer une vie paisible qui se déroule dans un intérieur somptueux. Le harem qu’Ingres représentait va se transformer avec Delacroix en un harem « calme et délicieux ».  Avec Delacroix, les stéréotypes de l’Orient vont être dépassés, car selon l’article de CAIRN « À l’Orient fictionnel et faux des œuvres d’Ingres, qu’il critique durement dans ses écrits, Delacroix oppose, dans ses œuvres, une représentation réaliste et vraie de son étrangeté et de son mystère. » Dans ce tableau, le spectateur est placé en tant que voyeur puis que Delacroix part à la recherche de la véracité, du « vrai idéal » qui consiste en dépeindre une expérience vécue et donc représenter des vêtements et accessoires authentiques qui ne vont plus se contenter de représenter « un miroir de l’Orient ».

Pour finir, l’émission nous parle d’un second tableau réalisé par Delacroix dans une version plus petite. Les femmes sont cette fois représentées plus en retrait, plus silencieuses et dans une atmosphère plus sombre. Il n’y a plus de lien avec le spectateur, l’orientalisme est dans ce tableau « plus conventionnel ». Nous avons donc vu qu’à travers Femmes d’Alger dans son appartement Delacroix nous montre une peinture qui se place entre imaginaire et réelle, entre l’observation de la vie et l’impulsion de l’âme.

P. M & M.G.

Bibliographie :

Site Arte « Les petits secrets des grands tableaux : Femmes d’Alger dans leur appartement, Eugène Delacroix, 1834 » :

http://www.arte.tv/guide/fr/051648-009-A/les-petits-secrets-des-grands-tableaux/?vid=051648-009-A_SHOW_ARTEPLUS7_FR_fr

Site CAIRN, article de Marie-Claude Genet-Delacroix « Delacroix et les ‘Neos’ : pour le vrai contre le faux » :

http://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2005-2-page-225.htm

Les thèmes dans l’Orientalisme

louvre-bain-turc

 

Cet article va se centrer sur les thèmes traités dans l’Orientalisme. Pour ce faire, nous allons étudier quatre articles numériques qui pour certains sont des sources dignes de confiance et basées sur d’autres ouvrages scientifiques. Le premier article se trouve sur le site Histoire de l’Art qui est une plateforme libre d’accès où l’on trouve une description des grands traits de l’orientalisme. Le deuxième est écrit par Clémentine Kruse sur le site Clé du Moyen Orient, une plateforme également libre d’accès avec une bibliographie qui nous montre qu’il s’agit d’un article construits sur des bases scientifiques. Quant au troisième article, il est écrit par Claude Robinot et nous pouvons le trouver sur le site de l’Académie de Versailles. Il s’agit d’une plateforme libre d’accès qui est digne de confiance puisqu’elle se base également sur une bibliographie importante. Pour finir, le troisième site est Wikipédia qui est une encyclopédie sur internet et une plateforme libre d’accès mais peu fiable dû au fait que n’importe quelle personne peut rédiger et modifier les articles.

Les thèmes de l’Orientalisme sont assez restreints et varient peu au cours des XIXème et XXème siècle. Dans la plupart des articles étudiés, nous pouvons voir que la représentation des harems est celle qui est plus particulièrement mentionnée. Dans l’article du site Histoire de l’art, on nous parle d’ « exotisme de la vie intime ». En effet, la représentation des harems, permet de montrer les femmes dénudées, plus particulièrement un groupe de femmes dans leur bain et donc dans leur vie intime. Le site de l’Académie de Versailles nous dit que le thème se centrerait plus sur la représentation de la femme c’est-à-dire la façon dont la femme est vue au Moyen-Orient. Pour ce faire, les harems seraient un bon moyen de représenter l’intimité de la femme et d’une certaine façon aussi la liberté de celle-ci dans un lieu qui n’était pas encore connu en Occident. Dans tous les cas, le thème du harem est celui qui a été représenté par les plus grands comme le fait remarquer le site Clé du Moyen-Orient avec par exemple Jean-Auguste Dominique Ingres et son Bain Turc. Le harem permet la représentation de l’exotisme par l’intermédiaire des femmes qui sont nues, une nouveauté pour la période et la société dans laquelle fait surface l’Orientalisme.

Le deuxième thème que nous pouvons retrouver mentionné dans la plupart des articles est celui du rêve d’ailleurs. Nous revenons à la notion d’exotisme dont rêve les occidentaux après la conquête d’Egypte par Napoléon et les récits qui vont en ressortir. Ces nouveaux horizons qui s’ouvrent à l’imagination des européens vont être fantasmés et rattachés à des mythes, des légendes sur des pays lointains et exotiques. Nous retrouvons ces représentations dans la peinture mais également dans la littérature qui va se tourner vers un rêve d’exotisme mais également une narration de voyage et une recherche du dépaysement. En effet, l’orientalisme va venir rompre avec le quotidien des européens qui vont pouvoir s’imaginer des récits dans des contrés lointaines avec des aventures extraordinaires qui vont inspirer peintres et écrivains. Il n’est pas de trop de rappeler qu’avant Delacroix, les artistes ne faisaient qu’imaginer le monde oriental sans même l’avoir connu, il était alors plus facile de s’adonner au fantasme et à l’imagination.

Le troisième thème n’est mentionné que par les sites Histoire de l’Art et Clé du Moyen-Orient. Il s’agit de la guerre, des guerriers héroïques. L’inspiration orientale vient du fait des conquêtes de Napoléon en Egypte comme nous l’avons déjà mentionné, donc elles sont jusqu’à un certain point rattachées à la guerre. Par ailleurs, la civilisation orientale rappelle et réveille aussi une certaine nostalgie des civilisations perdues. Ces civilisations qui étaient autrefois guerrières et d’où nous pouvions tirer des récits et des contes sur des héros légendaires, des guerriers héroïques. Il n’est donc pas étrange que le thème de la guerre ait inspiré les peintres mais également les écrivains. En peinture, le site Clé du Moyen-Orient nous parle d’Alexandre-Gabriel Decamps, celui qui est considéré comme le père de l’Orientalisme. Il s’agit d’un peintre de la première moitié du XIXème siècle qui va être, d’une certaine façon, le père de l’orientalisme avec des œuvres comme Patrouille turque inspirée donc de la guerre.

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Eugène Delacroix va être le premier à voyager en Orient en 1832. Ce voyage aura pour but de ne plus se baser sur des représentations imaginées mais sur des scènes qu’il aura vu de ses propres yeux.  Il va notamment représenter la vie quotidienne dans l’Orient. C’est un thème qu’il va bien développer et nous pouvons le voir dans des tableaux comme Femmes d’Alger dans leur appartement ou encore le Portrait de Moulay Abder-Rhaman, sultan du Maroc en 1845.

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D’autres thèmes sont mentionnés dans les articles comme le désert, la représentation des paysages qui vers la fin du XIXème siècle vont passer de représentation fantasmée à des représentations plus réalistes peut-être dû au fait que les artistes vont entreprendre des voyages au Moyen-Orient à l’instar de Delacroix. Un autre thème est celui des campagnes de Napoléon en Egypte que nous pouvons retrouver dans le célèbre tableau des Pestiférés de Jaffa peint par Antoine-Jean Gros au début du XIXème siècle.

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Pour conclure, nous avons vu que ces articles nous ont permis d’étudier les différents thèmes bien qu’ils ne soient pas tous basés sur des sources sûres. Cette étude nous a, par ailleurs, laisser voir l’Orientalisme dans son ensemble, tant dans la peinture comme dans la littérature.

P.M.

Bibliographie :

Clémentine KRUSE, Orientalisme au XIXème siècle, 2012

http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-Orientalisme-au-XIXeme-siecle.html

Claude ROBINOT, Etudier l’Orientalisme avec des élèves, 2011

http://www.histoire.ac-versailles.fr/spip.php?article915

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orientalisme

http://www.histoiredelart.net/courants/l-orientalisme-17.html