VOYAGE EN ORIENT à La Bibliothèque Nationale de France

Voyage en Orient est une exposition qui a eu lieu en 2002 à paris. La Bibliothèque Nationale de France publie sur son site des dossiers regroupant des informations sur les expositions qu’elle présente. Ce sont des « expositions virtuelles ». Chaque section de l’exposition y est retracée avec un résumé et des fichiers iconographiques.

Cette exposition retrace le regard de l’occident sur l’orient au XIXe siècle, il y est expliqué la difficulté de tracer les limites géographiques de cet orient rêvé par les occidentaux. Si l’Egypte, la Palestine, la Turquie et la Syrie sont souvent les destinations phares de ces voyages initiatiques, il ne faut pas oublier la Grèce ou encore Chypre. Nous avons vus dans d’autres articles que l’Algérie ou encore le Maroc avaient été visitées par les peintres comme Delacroix. Cette exposition se penche donc sur les différents voyages en orient qui ont été entrepris au cours du XIXe, elle ne cherche pas vraiment à définir précisément les limites géographiques de ces voyages car ceux-ci sont davantage marqués par un désir d’évasion et de rêve. Comme Saïd l’explique dans son ouvrage L’orientalisme, l’orient créée par l’occident, ce sont ces voyages qui ont créé un imaginaire commun à propos de multiples pays pourtant tous différents.

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Cette exposition est essentiellement portée sur la photographie de ces voyages en orient. L’exposition virtuelle est divisée en différentes sections : un rêve occidental, l’orient des photographes, les photographes, l’orient des écrivains, itinéraires et feuilletoirs. Ces différents onglets sont tous divisés par la suite en plusieurs articles plus détaillés. On y trouve un grand nombre d’images légendées et que l’on peut agrandir. Cette exposition virtuelle est donc une ressource fiable car fournie par un site institutionnel, mais c’est aussi une ressource complète car elle multiplie les informations et les images.
Les différents textes des articles ont été rédigés par des professionnels. On ne trouve pas directement leur référence sur le site de cette exposition mais ils sont tous référencés sur internet. Par exemple, l’article « l’âge d’or » dans l’onglet « l’orient des photographes » a été écrit par Sylvie Aubenas, Google indique que c’est une bibliothécaire de la BNF ancienne élève de l’école des Chartes. Cet exemple nous montre que les articles sont fiables et de nature scientifique.

L’exposition démontre à l’aide des photographies d’origines et des articles que l’Orient a connu un grand succès au XIXe, ces voyages ce sont multipliés au cours du siècle et sont en fait le début du tourisme. Faire « le grand tour » de l’orient était très en vogue et ces pays ont connu un fort développement des infrastructures nécessaires à ce tourisme. L’ère industrielle venue d’Europe a donc directement touché l’orient car elle a rendu ces pays plus accessibles. La photographie a elle aussi fait partie de ce mouvement global. De nombreux photographes sont partis en orient avec leur matériel photographique pour en ramener des images instantanées. Tout comme les peintres, les photographes veulent rapporter la magie de ces terres nouvelles en Europe. La photographie connait alors deux tendances en orient : d’une part les photographes individuels et de l’autre, des photographies diffusées sur place, de grande échelle. Les guides se multiplient et les photographies renforcent l’aspect à la fois réel et enchanté de l’orient. Mais comment montrer l’orient en photographie alors que la peinture le fait déjà si bien ? Comme nous l’avons déjà vu, les peintres comme Delacroix, Chassériau ou encore Ingres ont fait circuler une image fantasmagorique de l’orient au public. Les photographies sont monochromes contrairement aux tableaux éclatants de couleurs, cependant ces photographies vont plaire car elles sont des souvenirs pour ceux qui voyagent. La photographie va aussi permettre de montrer un orient tout aussi beau mais d’avantage quotidien. Pour finir, l’exposition virtuelle s’intéresse aux écrivains, les récits écrits de voyage en Orient pour montrer de quelle façon les mots diffèrent de l’image tout en la renforçant.

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Zangaki, Epicier arabe, vers 1870, Papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion, 28.5x22cm, BNF

Ce mini-site ou « exposition virtuelle » faite par la Bibliothèque Nationale de France nous permet donc d’en apprendre d’avantage sur un sujet souvent délaissé par l’histoire de l’art. La photographie orientaliste est ici explorée et analysée à l’aide de textes scientifiques. Nous pouvons donc dire que c’est une ressource très intéressante pour notre sujet car elle est à la fois fiable et enrichissante.

Visiter l’exposition –> http://expositions.bnf.fr/veo/index.htm

Adélaïde Chabannes

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Les médiums en Orientalisme

L’orientalisme, est un courant d’idées européennes, porté sur l’Orient. Comme nous l’avons vu dans d’autres articles du blog, l’orientalisme est très présent en peinture, chez de nombreux artistes européens. Mais il faut savoir que la peinture n’est pas le seul moyen d’expression pour ce courant. C’est un courant où se rejoignent tous les arts, les sciences et la politique. L’Orientalisme est également présent en architecture, en musique, en littérature (Article Edward Saïd, l’Orient crée par l’Occident), en photographie, mais influence également la mode vestimentaire et mobilière, il est même présent dans le cinéma ! C’est ce que nous allons voir à présent dans notre article.

Nous allons nous appuyer sur de nombreux articles numériques variés ainsi que sur des livres . Nous avons choisis un dossier pédagogique réalisé par le musée d’art et d’histoire du judaïsme sur Les Juifs dans l’Orientalisme (exposition qui étudie la question du juif représenté en Orient), qui se déroulait en 2012. Site intéressant car assez général sur l’ensemble de notre courant et qui parle de différents médiums. Deux livres (publiés dans leur intégralité) provenant du site GoogleBooks, un service en ligne fourni par Google, que nous avons trouvé par hasard en faisant des recherches générales sur les médiums artistiques. C’est à la fois un outil de recherche intra-texte, de consultation de livres en ligne ou sur appareil mobile, de constitution de collections personnelles, et de téléchargement d’ouvrages libres de droits. Mais aussi une librairie en ligne via la boutique GooglePlay. Il s’agit aujourd’hui du plus grand corpus textuel au monde. Nos deux articles porte sur un livre de Eduardo Dizy Caso, Les orientalistes de l’école espagnole, et Après l’orientalisme. L’Orient créé par l’Orient par François Pouillon et Jean-Claude Vatin, deux livres qui abordent la mode vestimentaire et le mobilier dans l’orientalisme. Un article intéressant sur l’Orientalisme en photographie provenant du site Les clés du Moyen-Orient, site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient qui semble fiable au vu de ses nombreuses ressources bibliographiques et des auteurs qualifiés (description pour chaque auteurs appartenant au site). Un autre article traitant de l’architecture orientale sur le site INHA (institut national d’histoire de l’art dont le site institutionnel regroupe des collections électroniques, actes de colloques et livres en ligne). Pour terminer nous mettrons en bas de l’article un lien permettant d’écouter de nombreuses musiques orientalistes, provenant du site France Musique.

Photographie

Avec l’invention de la photographie, de nombreux photographes, amateurs ou professionnels, voyagent en Orient massivement à partir des années 1850, et véhiculent une vision semblable à celle des peintres européens, afin de capter dans leur objectif les visions véhiculées par les peintres. La photographie orientaliste se distingue de la peinture orientaliste, car sa technique se doit d’enregistrer une nouvelle réalité, un morceau de réel de cet Orient qui fut longtemps fantasmé. La présence des photographes occidentaux en Orient s’intensifie, grâce à l’amélioration des procédés photographiques, qui deviennent plus rapides et moins encombrants à transporter. Parmi ces photographes, certains s’installent là-bas et y ouvrent des studios, afin d’exploiter jusqu’à la fin du XIXe siècle le succès commercial de l’Orientalisme. Ils photographient des scènes de genre, paysages ou encore des mises en scènes dîtes « pittoresques », sujets qui répondent parfaitement aux attentes du public occidental, mais qui ne répondent pas toutes à la réalité des choses vues et vécues dans cet Orient envahis…

Il ne faut pas oublier que les premières oeuvres photographiques se sont inscrites pendant plusieurs décennies dans le sillage de la peinture. On voit donc d’abord apparaître la photographie orientaliste à tendance romantique. Ce genre de photographies représentent souvent l’opposition de l’homme face à une nature immense et sublime, souvent en lien avec un certain goût pour les ruines, considérées comme les vestiges d’un passé regretté. Les premières photographies sont donc rarement remplies de présences humaines, afin de mettre en valeur la dimension achronique des sites orientaux.

Les œuvres de Bonfils (le studio photographique le plus prolifique du Moyen-Orient lui appartenait : « Photographie de Bonfils – Curiosités de tout l’Orient. »), dans les années 1870 présentent de simples vues du temple de Baalbek (Liban) ou des Pyramides de Gizeh (Egypte) :

Caire, Pyramides de GizehFélix BONFILS, Pyramides de Gizeh – Égypte, 1860-1885

Plus tard cette photographie devient véritablement orientaliste dans le sens d’exotisme qui s’inspire d’images des contes des Milles et Une Nuits, et qui s’éloignent des scènes de vie quotidienne. Beaucoup de photographes veulent faire des œuvres pittoresques, seulement nous nous rendons vite compte de la fausseté de certains clichés qui ne sont pas pris sur le vif comme les peintres semblent l’affirmer…

La photographie en studio utilise les accessoires orientaux : tapis, tentures, éventails, narguilés, sofas, armes. Nous pouvons le voir avec le photographe Pascal Sebah, et ses décors  exotiques mais artificiels, présentant des personnes en costumes traditionnels d’Orient :

Pascal Sebah - Public Scribe, ca 1870Pascal SEBAH, Public Scribe, v.1870

D’autres artistes comme Roger Fenton (photographe officiel de la Reine Victoria) possèdent un studio à Londres et photographient des bourgeois européens en costumes orientaux. L’orientalisme en photographie se veut être la reconstitution de l’Orient à travers les vêtements, les décors, l’architecture, c’est un véritable théâtre occidental mis en place au service de la photographie :

f8d9ee01-945b-4218-80b6-25948b092fd8Rogen FENTON, Pasha et Bédouin, Louvre Abu Dhabi

« La dualité qui va jusqu’à contaminer nos meubles et nos vêtements, le conflit entre le sofa-turc et le canapé européen, la veste traditionnelle et la chemise européenne, proviennent de notre malaise à choisir entre l’Orient islamique et l’Occident chrétien » L’Orient créé par l’Orient, François Pouillon et Jean-Claude Vatin.

505c9025eadd2d01c0ff0c125fb14aebOrient et Occident ne font plus qu’un à travers les représentations d’hommes en costumes traditionnels, meubles typiques et architectures orientales

Architecture

Au départ, les voyageurs venus en Orient, ne s’intéressent pas à l’architecture orientale. Lorsque des gravures de ces architectures complètent les ouvrages, elles offrent seulement des vues de villes générales ou d’édifices déformés, vues qui ne permettent pas aux Occidentaux de se faire une idée précise des monuments de là-bas. A partir du XVIIIe siècle, les descriptions et les représentations d’édifices orientaux se multiplient, en particulier mosquées et palais se trouvant à Constantinople et Ispahan, principales destinations des Occidentaux en Orient. Son connus aussi l’Alhambra de Grenade et la mosquée de Cordoue, les pavillons de la Zisa et de la Cuba à Palerme, et également l’architecture civile algérienne et l’architecture funéraire moghole:

Illustration Cornelius Le BRUYN, Voyage par la Moscovie, en Perse et aux Indes orientales, 1718, pl. 75-76: illustration de la ville Ispahan, place royale

IllustrationJean-Baptiste SEROUX D’AGINCOURT, Histoire de l’art par les monuments, 1801-1825, pl. 44 : État de l’architecture arabe en Europe depuis le VIIIe siècle jusqu’au XVe siècle.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les expéditions entraînent au fur et à mesure des architectes et des savants dans l’ensemble des pays musulmans. La connaissance de l’architecture orientale devient générale, bien que peu précise. Cela concerne essentiellement les Français et les Anglais, les deux puissances coloniales, dont les missions scientifiques participent à leur lutte d’influence réciproque En France, le Salon est le lieu dans lequel sont exposées les représentations d’architecture d’Orient par les peintres orientalistes, des modèles d’architectures orientaux apparaissent en Occident.

Les architectes s’inspirent de motifs célèbres de l’architecture mauresque : la mosquée de Cordoue et l’Alhambra. On retrouve des motifs distinctifs de cette architecture orientale : coupoles à nervures, minarets, assises de pierres alternées, décors de mosaïques de pierre etc. L’omniprésence de l’Alhambra et de la mosquée de Cordoue dans l’orientalisme est un phénomène purement européen.

L'Alhambra - GranadaL’Alhambra, Grenade, Espagne

Cinéma et Musique

Le cinéma apparaît comme le successeur de l’orientalisme au XXe siècle. En effet, les studios réalisent des reconstitutions gigantesques et grandioses qui prennent pour thème l’Orient rêvé par les Occidentaux. Nous pouvons parler ici du film Naissance d’une nation de 1915, de David W. Griffith, Cléopâtre de Cecil B. DeMille, datant de 1934. Les Dix Commandements, une fois de plus de Cecil B. DeMille en 1923, Lawrence d’Arabie de David Lean, 1962. Ben-Hur de William Wyler, réalisé en 1959, Salomé de J. Gordon Edwards, en 1918, et bien d’autres encore… Pour analyser plus en profondeur ce genre de films, nous mettons à votre dispositions des liens vers d’autres blogs qui traitent du cinéma et des Peplums en tout genre (Ben-Hur, Gladiateur etc.).

https://cinemaetmusique70.wordpress.com/

https://peplumblog.wordpress.com/

L’Orientalisme est également présent en musique, pour cela nous vous laissons prendre plaisir à écouter une émission radio de France Musique : L’Orientalisme dans la musique française. Debussy, la Grèce antique et l’extrême-Orient.

http://www.francemusique.fr/emission/notes-du-traducteur/2014-2016/l-orientalisme-dans-la-musique-francaise-debussy-la-grece-antique-et-l-extreme-orient-01

M.G

Bibliographie :

Lorraine Decléty, « Pratique et connaissance : les chemins divergents de l’orientalisme scientifique et de l’orientalisme artistique en France et en Allemagne », in Nabila Oulebsir et Mercedes Volait (dir.), L’Orientalisme architectural entre imaginaires et savoirs, Paris, Picard (« Collection D’une rive l’autre »), 2009, [En ligne], mis en ligne le 25 mars 2014, consulté le 27 mars 2016. URL : http://inha.revues.org/4920

http://www.mahj.org/documents/Juifs-dans-l-orientalisme-dossier-pedagogique.pdf

[Consulté le 27/03/16]

http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-orientalisme-en-photographie.html

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=xnAJGlUJbyEC&pg=PA268&lpg=PA268&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=xYRfD6JT0i&sig=PeQw7S5W58foozmn6u6zzkXDWbY&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]

https://books.google.fr/books?id=gzEYBgAAQBAJ&pg=PA305&lpg=PA305&dq=orientalisme+v%C3%AAtements,+meubles&source=bl&ots=lpRVEZt47z&sig=nmFDDafDmki17vhYI9MDzw0Um2I&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=orientalisme%20v%C3%AAtements%2C%20meubles&f=false

[Consulté le 27/03/16]