Edward Said, l’Orientalisme

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L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident

Cet article traitera du livre fondateur du concept de l’Orientalisme. Écrit par Edward Saïd en 1980, L’Orientalisme, l’Orient crée par l’Occident développe la thèse de l’auteur selon laquelle l’image de l’Orient aux yeux des européens est une conception crée de toute pièce par les européens eux-mêmes. L’auteur est le père fondateur des études postcoloniales, il s’intéresse ainsi aux nombreux textes, récits de voyages, et écrits politiques du XIXe et XXe siècle.

Afin d’étudier ce texte nous utiliserons deux comptes rendus publiés sur Persée. Persée est une plate forme libre d’accès qui regroupe des textes et articles tirés de revues et d’ouvrages scientifiques français. Ce site est constamment remis à jour et les ressources que l’on y trouve sont rédigées par des spécialistes du sujet recherché.
Le premier compte-rendu étudié est paru en 1980 dans la Revue Théologique de Louvain. Cette revue est publiée par l’université catholique de Louvain et regroupe les textes de recherches des professeurs.

L’auteur de ce texte, Guy Harpigny, est un prêtre belge, diplômé d’arabe et  Docteur en Théologie de cette même université de Louvain.
Harpigny fait un résumé du texte en reprenant l’ordre et le plan du livre.

Saïd explique ainsi que l’Orientalisme est une idée de l’Orient façonnée par les occidentaux au XIXe siècle. Il introduit son propos en citant les sources qui lui ont permises de façonner sa pensée. Dans un premier chapitre l’auteur démontre que l’Orientalisme est apparu dans un contexte de colonialisme, l’Orient est donc naturellement perçue par les Occidentaux comme un subalterne. Dans un deuxième chapitre, l’auteur parle des institutions qui se sont développées en accord avec ce mouvement de pensée et notamment les études scientifiques qui en découlent. Dans le troisième et dernier chapitre du livre, Saïd montre comment ces idées marquent encore aujourd’hui le regard des Occidentaux sur l’Orient.
Après avoir relaté les différents propos généraux du texte, Harpigny émet plusieurs critiques: il indique notamment que Saïd a utilisé de nombreux textes de domaines variés mais que ceux-ci sont utilisés à bon escient pour appuyer sa thèse. “La seule condition que nous mettons à l’utilisation des ces textes est de les “laisser parler” , sans imposer au lecteur une interprétation trop orientée ou manifester une méconnaissance flagrante de la pensée envisagée “.

De plus, d’après Harpigny, il semble que pour Saïd dès que les européens parlent de l’orient ils présentent un comportement dominateur. Son propos serait alors trop engagé. Il l’encourage alors a faire un autre livre dans lequel il montrerait comment parler de l’orient sans le dominer.

Le second article est tiré de la revue Mots ,dite scientifique et interdisciplinaire son site internet la définie comme une revue “à la croisée des Sciences du langage, des Sciences du politique et des Sciences de l’information et de la communication.” Elle est appuyée par le CNRS et l’ENS de Lyon. On peut donc ici penser au premier abord, à une argumentation moins teintée d’opinion personnelle que celle d’un prêtre.
Cependant, il apparaît très difficile de trouver des informations sur l’auteur de ce compte-rendu. Sophie Fenouillet n’est indiquée que comme l’auteur de cet article précis, on ne peut donc pas attester de sa spécialisation dans le domaine étudié contrairement à Harpigny.
Elle reprend la structure du livre pour rédiger son compte-rendu comme Harpigny l’avait fait dans le sien. On retrouve donc les grandes lignes de la thèse avancée par Saïd évoquée précédemment. Elle appuie sur le fait que l’Occident s’est formé en miroir avec l’Orient, “son contraire complémentaire”.  A la suite de cela, Fenouillet critique aussi le livre en pointant le fait que l’auteur soulève des questions de politiques universelles mais n’apporte pas de réponse “il abandonne au lecteur le soin de les trouver!”. On trouve donc dans ce compte-rendu moins de critiques directes que l’on en avait vu dans celui de Guy Harpigny. Néanmoins si la revue Mots et la Revue Théologique de Louvain appartiennent à des domaines de pensée différents on retrouve cette critique commune du manque de réponse quand au problème soulevé par Saïd.
Dans l’édition de 1995 de L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident, Edward Saïd revient sur ces critiques et indique qu’il n’est pas pro-orient mais qu’il refuse une conception de celui-ci figée dans le temps. On peut donc y voir une réponse aux critiques de Guy Harpigny et Sophie Fenouillet.
Grâce à l’étude de ces deux articles nous pouvons nous assurer une bonne recherche documentaire sur le sujet. En effet, les deux auteurs résument les grands traits du livre et apportent tout deux leurs points de vues qui diffèrent quelque peu mais permettent au lecteur une analyse constructive. De manière générale, les articles publiés sur Persée garantissent un bon apport scientifique.

Adélaïde Chabannes

 Bibliographie :

Harpigny Guy. Edward Saïd, L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident. 1980. In: Revue théologique de Louvain, 12ᵉ année, fasc. 3, 1981. pp. 357-361.

http://bit.ly/1Tyw63K

Fenouillet Sophie. Edward Said, L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident. In: Mots, n°30, mars 1992. Images arabes en langue française , sous la direction de Lamria Chetouani et Maurice Tournier. pp. 117-121.

http://bit.ly/1U1nTnf

Saïd Edward. L’Orientalisme, lecture en ligne (en anglais)

 http://bit.ly/1Rwocla

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